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  • Donnie Brasco, virée dans la mafia pour Mike Newell

    Donnie Brasco, virée dans la mafia pour Mike Newell

    Le réalisateur britannique Mike Newell s’est construit une carrière assez éclectique entre sa comédie phare, QUATRE MARIAGE ET UN ENTERREMENT, un épisode adoré de la saga HARRY POTTER (il a mis en scène LA COUPE DE FEU), un blockbuster hollywoodien injustement boudé (PRINCE OF PERSIA) et donc ce DONNIE BRASCO, l’un des sommets de sa filmographie.

    Une histoire vraie

    En 1978, l’agent spécial du FBI Joseph Pistone (incarné par Johnny Depp) est désigné pour infiltrer une famille de la mafia new-yorkaise, la famille Bonanno. Pour sa couverture, il se fait appeler « Donnie Brasco » et devient un receleur expert en diamants venant de Vero Beach en Floride. Il se rapproche d’un modeste soldat de l’organisation, Benjamin Ruggiero dit « Lefty » (Al Pacino) et de son capitaine Dominick « Sonny Black » Napolitano (Michael Madsen). Lefty n’arrive pas à gagner d’argent, son fils est un drogué, et il est constamment déçu de ne pas être retenu pour une promotion à un poste plus élevé au sein de la famille. Il fait part à Brasco de sa désillusion d’avoir passé trente ans dans la mafia, d’avoir tué pas moins de 26 personnes et de n’être qu’un gangster aux ordres. En Donnie, Lefty voit un jeune protégé, qui pourrait être en mesure de réussir là où lui a échoué. Il le prend sous son aile, et en se portant garant pour lui, Donnie est rapidement accepté par les autres membres de la famille et devient un « associé »

    DONNIE BRASCO est un film tiré d’une histoire vraie. Né le 17 septembre 1939 en Pennsylvanie, Joseph D. Pistone intègre le FBI en 1969, après avoir travaillé sur divers postes. Il rejoint en 1974 la brigade de lutte contre le vol de camions, un poste qui va l’amener à effectuer la première opération d’infiltration d’un gang de voleurs de camions. Une infiltration qui a permis l’arrestation de trente personnes.
    Ce succès va le conduire à être choisi pour infiltrer sous couverture une famille de la mafia new-yorkaise, la famille Bonanno.
    Mais personne ne se doutait que cette mission d’infiltration allait durer aussi longtemps. Le film retranscrit avec une main de maître le destin de Pistone, incarné par un Johnny Depp au sommet de son art et fortement à l’aise dans un rôle assez délicat. Il n’avait encore jamais intégré un film de gangsters, mais sa force d’interprétation tient la dragée haute à un Al Pacino au sommet.

    Fascinant Al Pacino

    Annoncé sur le déclin, Pacino traverse tout de même les 90s avec une facilité déconcertante, naviguant entre son oscar pour LE TEMPS D’UN WEEK-END, ses retrouvailles avec Brian de Palma

    pour le fabuleux L’IMPASSE ou illuminant le film policier avec le redoutable HEAT et sa confrontation avec Robert de Niro. Dans DONNIE BRASCO, il est encore une fois fascinant dans un rôle subtil qui s’avère assez trompeur dans ce qu’il représente. Un peu comme le film dans son entier qui s’empare d’un genre bien reconnu pour proposer un discours plus profond qu’il n’y paraît.

    La famille est le thème central du long-métrage pour lequel Mike Newell a réuni un casting assez fou autour de ses deux stars, notamment Michael Madsen au summum de son charisme, Anne Heche, parfaite dans son rôle d’épouse de Pistone, mais également Paul Giamatti, Bruno Kirby ou encore James Russo.

    Au box-office, DONNIE BRASCO marcha très bien à l’international en rapportant 83 millions, mais moins aux Etats-Unis où il ne cumula que 41 millions. Cependant, son succès est indéniable puisqu’il a coûté 35 millions de dollars. Mike Newell enchaînera ensuite sur l’oublié LES AIGUILLEURS avec John Cusack et Cate Blanchett.

  • Une date, une histoire : Un deuxième César pour Romy Schneider

    Une date, une histoire : Un deuxième César pour Romy Schneider

    Voici une nouvelle rubrique au texte court, qui reviendra régulièrement sur une date clé du cinéma, se référant à un événement en particulier, une sortie de film, une polémique ou tout autre fait qui a eu lieu dans l’Histoire.

    Nous sommes à Paris, le 3 février 1979.

    Présentée par Pierre Tchernia, cette soirée est présidée par Charles Vanel, lequel reçoit un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Les Césars n’ont que quatre ans d’existence et déjà une actrice est couronnée pour la seconde fois. Il s’agit de Romy Schneider, nommée meilleure actrice pour son rôle dans UNE HISTOIRE SIMPLE de Claude Sautet. La cérémonie récompense également Michel Serrault en tant que meilleur acteur pour LA CAGE AUX FOLLES tandis que L’ARGENT DES AUTRES, réalisé par Christian de Chalonge, obtient le César du meilleur film.

  • Les brèves de grands films : Les Révoltés du Bounty (1962)

    Les brèves de grands films : Les Révoltés du Bounty (1962)

    Cette rubrique s’intéresse, chaque semaine, à un grand film (et pas toujours les plus connus) en résumant en quelques lignes sa petite histoire. En somme, une brève, un texte court et une information concise !

    LES REVOLTES DU BOUNTY réalisé par Lewis Milestone (1962)

    Le pitch : Le Bounty ramène de Tahiti des plants d’arbres à pain et les transporte en Jamaïque. A son bord, le cruel capitaine Bligh affame ses hommes et les maltraite. Le lieutenant Fletcher Christian va s’opposer à lui et organiser une mutinerie.

    Autour du film : Tourné notamment à Moorea et à Bora-Bora, LES REVOLTES DU BOUNTY marquera à jamais le destin de Marlon Brando. Il tombe amoureux de sa partenaire à l’écran, une tahitienne nommé Tarita. Elle deviendra sa troisième épouse et décidera l’acteur à acheter l’île de Tetiaora, près de Tahiti, pour y installer sa famille. C’est cette même île qui abrite aujourd’hui un hôtel d’hyper grand luxe : The Brando.

    La réplique : « Je n’ai que faire d’un drapeau, monsieur, contrairement à vous, moi, j’ai toujours une patrie ! »

    Le film : Ce remake réalisé par Lewis Milestone a bien failli engloutir la MGM. L’ambition est démesurée et le résultat à l’écran est d’une folie stupéfiante : tempêtes, batailles, déchaînement d’éléments tous plus impressionnants les uns que les autres. Tout dans LES REVOLTES DU BOUNTY respire l’épique. Au milieu de toute cette folie visuelle, le cinéaste parvient à distiller une belle émotion tout en narrant parfaitement son histoire, bien aidé par son casting parfait en tête duquel on retrouve un trio remarquable : Marlon Brando, Richard Harris et Trevor Howard.

    EQUIPE TECHNIQUE

    Casting : Marlon Brando – Trevor Howard – Richard Harris – Tim Seely – Tarita

    Photographie : Robert Surtees

    Décors : Henry Grace – Hugh Hunt

    Musique : Bronislau Kaper

    Montage : John McSweeney Jr.

    Scénario : Charles Lederer

    Production : Aaron Rosenberg

    Réalisation : Lewis Milestone

    LES REVOLTES DU BOUNTY (1962) – 2h58

  • Meryl Streep, le top 10 de ses prestations

    Meryl Streep, le top 10 de ses prestations

    C’est probablement la plus grande actrice vivante actuellement. Meryl Streep est autant une immense comédienne qu’une femme respectée qui n’hésite pas à monter au créneau pour défendre ses valeurs. Avec plus de 45 ans de carrière derrière elle, il est difficile de sortir dix films en particulier. Mais parfois, il faut savoir se mettre au défi !

    10. LA MORT VOUS VA SI BIEN réalisé par Robert Zemeckis (1992)

    Dans cette comédie noire mis en scène par le célèbre Robert Zemeckis, Meryl Streep et Goldie Hawn sont

    rivales pour attraper le coeur du chirurgien campé par Bruce Willis. Lorsque les deux femmes boivent un élixir pour rester éternellement jeunes, les choses commencent légèrement à dérailler. Et Streep de prendre beaucoup de plaisir à camper cette femme vicieuse qui n’hésite pas à se servir des autres pour parvenir à ses fins.

    9. LE MYSTERE SILKWOOD réalisé par Micke Nichols (1984)

    En incarnant la militante Karen Silkwood, c’est aussi une partie d’elle que l’actrice nous montre : l’image d’une femme forte qui n’hésite pas à monter au front malgré des pressions venant de toutes parts. C’est le portrait d’un personnage ordinaire dont le caractère est magistralement exposé par Mike Nichols. L’interprétation puissante de Meryl Streep fait le reste, notamment lors d’une scène déchirante où elle se fait aspergée d’eau par des ouvriers de l’usine après une contamination.

    8. LA MAÎTRESSE DU LIEUTENANT FRANCAIS réalisé par Karel Reisz (1982)

    Romantique à souhait, le film suit deux histoires d’amour avec une belle maîtrise. Si tout n’est pas parfait et que l’ensemble s’étire inutilement, la prestation toute en conviction de Meryl Streep reste remarquable. Sa performance fut d’ailleurs saluée par l’Académie qui la nomma à l’Oscar de la meilleure actrice.

    7. UN CRI DANS LA NUIT réalisé par Fred Schepisi (1988)

    Pour tous ceux qui n’ont jamais vu ce film, je vous le recommande vivement. Malheureusement, il reste difficile à trouver en bonne qualité. En tout cas, Meryl Streep est captivante dans le rôle de Lindy Chamberlain-Creighton, une adventiste qui a été condamnée à tort pour avoir tué son enfant dans ce qui est devenu l’une des affaires de meurtres les plus célèbres de l’histoire australienne. Le film, poignant, examine également le système judiciaire et pointe du doigt une presse manipulatrice.

    6. LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA réalisé par David Frankel (2006)

    Même si elle s’avère convenue, cette comédie est un véritable délice du début à la fin. La prestation magistrale de Streep y est évidemment pour beaucoup : on la voit prendre un malin plaisir à malmener ses troupes et à incarner l’une des femmes les plus puissantes du monde. Comme consciente du versant sombre de sa propre personnalité, elle se lâche totalement dans un film assez pertinent dans son exploration de la toxicité que l’on peut subir au travail.

    5. OUT OF AFRICA réalisé par Sydney Pollack (1985)

    Encore une fois nommée aux Oscars dans la catégorie meilleure actrice, Meryl Streep ne remportera pas la statuette, mais elle l’aurait méritée. Elle incarne ici l’auteure danoise Karen Blixen aux côtés de Robert Redford avec une maîtrise bluffante. Le film de Pollack embrasse cette belle histoire d’amour qui se lie intrinsèquement avec la nature elle-même.

    4. VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER réalisé par Michael Cimino (1978)

    Chef-d’oeuvre absolu de l’Histoire du cinéma, ce film de Cimino brille aussi par la splendeur de son casting. Streep n’incarne ici qu’un second rôle, mais va clairement crever l’écran par l’intensité de son jeu. Certes, sa prestation dans JULIA un an plus tôt fut remarquée, mais c’est ici, aux côtés des Robert de Niro, Christopher Walken et autre John Savage qu’elle se révèle aux yeux du monde entier. Ce sera sa première nomination aux Oscars.

    3. KRAMER CONTRE KRAMER réalisé par Robert Benton (1980)

    Que ce soit Meryl Streep ou Dustin Hoffman, tous deux livrent ici l’une des plus grandes prestations d’acteurs de l’Histoire du cinéma. Difficile de ne pas employer plus de superlatifs devant cette leçon d’actoring dans un film puissant aux thématiques nombreuses et importantes. Plusieurs séquences possèdent une amplitude émotionnelle hors normes, traduite à l’écran par un certain sens de la pesanteur. Streep remportera ici son premier Oscar (dans la catégorie meilleur second rôle féminin).

    2. SUR LA ROUTE DE MADISON réalisé par Clint Eastwood (1995)

    Chef-d’oeuvre intemporel du maître Eastwood, SUR LA ROUTE DE MADISON brille par la force de sa mise en scène, la rigueur de son scénario et, bien évidemment, l’interprétation somptueuse de ses acteurs. Avec une retenue admirable, Streep incarne cette femme indécise avec une indéniable pertinence. Que ce soit dans ces scènes sans paroles ou dans l’expressivité de son regard, son niveau de jeu est étourdissant. Et comment ne pas trembler, encore et toujours, lors de cette séquence inoubliable où elle regarde Eastwood depuis la fenêtre du camion de son mari alors que la pluie bat son plein.

    1.LE CHOIX DE SOPHIE réalisé par Alan J.Pakula (1982)

    Difficile de ne pas placer LE CHOIX DE SOPHIE en tête de ce classement. L’actrice incarne ici Sophie Zawitowski, une immigrante polonaise et survivante de l’Holocauste qui vit avec son partenaire violent et émotionnellement instable. Se déroulant après la Seconde Guerre Mondiale, le film raconte la relation du couple avec leur voisin et révèle les sombres détails du passé de Sophie. Meryl Streep y est totalement bouleversante et nous offre l’une des plus remarquables prestations qu’une actrice peut livrer. Le plus dingue est de voir à quel point elle parvient constamment à équilibrer ses émotions sans jamais tomber dans le pathos ou la surenchère. C’est la marque d’une très grande et c’est ici qu’elle remportera son premier oscar dans la catégorie « meilleure actrice ». Tout un symbole.

  • Marathon Man, une course à la survie pour Dustin Hoffman

    Marathon Man, une course à la survie pour Dustin Hoffman

    Adapté du roman écrit par William Goldman et également intitulé MARATHON MAN, le film réalisé par John Schlesinger est une plongée saisissante dans la noirceur humaine qui imagine une organisation secrète vestige d’un monde déchu.

    Un immense thriller

    Szell (incarné par Laurence Olivier), un ancien nazi hongrois se trouve à New York afin d’y récupérer un vieux trésor de guerre. Sa quête aura des répercussions collatérales sur Thomas Levy « Babe » (Dustin

    Hoffman), étudiant en histoire et coureur de marathon. En effet, Henry « Doc » (Roy Scheider), le frère de ce dernier, est membre d’une organisation secrète qui opère pour le gouvernement américain et se trouve dans la ligne de mire de Szell. Dès lors, « Babe » doit courir pour sauver sa peau.

    Dustin Hoffman est certainement dans l’une des meilleures périodes de sa carrière lorsqu’il s’engage pour tourner dans MARATHON MAN. Déjà nommé à l’oscar du meilleur acteur pour LE LAUREAT, il vient d’enchaîner une liste de films impressionnante : MACADAM COWBOY, LITTLE BIG MAN, LES CHIENS DE PAILLE, PAPILLON et LES HOMMES DU PRESIDENT ! À 38 ans, il est au sommet du cinéma américain et représente cette nouvelle génération engagée et sûre de sa force. Face à lui, une légende du théâtre et du 7ème art : Laurence Olivier. Souffrant d’un cancer à l’époque du tournage, l’acteur britannique a bien failli quitter le projet puisque la Paramount avait initialement refusé de l’assurer ! Finalement, tout s’arrangera et les deux comédiens pourront se faire face dans deux styles de jeu à l’opposé l’un de l’autre.

    Deux styles de jeu à l’opposé

    Adepte de la fameuse « Méthode », Dustin Hoffman n’hésite pas à repousser ses propres limites pour paraître plus crédible. Ainsi, lorsqu’il doit jouer un homme resté éveillé toute la nuit, Hoffman est resté éveillé toute la nuit. Surpris par ce principe de « vivre » le personnage, Laurence Olivier lui avouera ne pas bien saisir cette méthode alors que « jouer » est bien plus facile ! Il faut dire que ce dernier est un adepte du théâtre et de Shakespeare, un héritier de la nature même du jeu d’acteur. Chacun à leur manière, les deux hommes nous livrent une prestation stratosphérique dans MARATHON MAN, et inscrivent ce film dans la lignée de ce Nouvel Hollywood qui brille encore aujourd’hui par sa puissance thématique. Parfois labyrinthique dans sa mise en place, le film de Schlesinger étonne par la pertinence de son propos et les sombres desseins qu’il nous expose. La séquence culte de la torture ne fait que confirmer cette vision : même 46 ans plus tard, elle fait toujours son effet !

  • Le coin des mal-aimés : Daredevil

    Le coin des mal-aimés : Daredevil

    Dans cette rubrique, je me penche sur ces films qui sont considérés comme « mauvais » ou « ratés », en somme les mal-aimés du cinéma. Le box-office ne sera pas donc pas le seul critère car seule compte l’opinion populaire ici. À la fin, je pose une question simple : le mal-aimé est-il vraiment un raté ou peut-on le réhabiliter ?

    DAREDEVIL réalisé par Mark Steven Johnson (2003)

    Ça raconte quoi ? Avocat le jour, super-héros la nuit, Matt Murdoch possède une ouïe, un odorat, une force et une agilité incroyablement développés. Bien qu’il soit aveugle, son sens radar lui permet de se diriger et d’éviter le moindre obstacle. Inlassablement, cet être torturé arpente les rues de New York à la poursuite de criminels en tout genre qu’il ne peut punir au tribunal. Daredevil aura à affronter Kingpin, alias Le Caïd, qui dirige d’une main de fer la mafia new-yorkaise, ainsi que son homme de main Bullseye, alias Le Tireur.

    Le contexte : Cette fois, c’est la bonne, les super-héros ont envahi les écrans avec fracas : Bryan Singer a montré la voie en 2000 avec X-MEN avant que Sam Raimi n’enfonce le clou avec SPIDER-MAN en 2002. Les records tombent au box-office avec ce dernier, devenant le précurseur de la future domination populaire des hommes en collants. La FOX décide donc d’élargir l’univers de Marvel avec DAREDEVIL, un héros bien connu des fans. Au vu du succès de l’homme-araignée, le studio décide même de doubler le budget du film porté par Ben Affleck !

    Pourquoi c’est un mal-aimé ? Adoubés par la critique, X-MEN et SPIDER-MAN ont autant plu au public qu’aux médias, ce qui ne sera pas du tout le cas de DAREDEVIL. La presse est peu enthousiaste à la sortie du film, voire parfois corrosive notamment en ce qui concerne le casting et les effets spéciaux. Les spectateurs ne s’emballent pas outre mesure et le style même du film divise : les fans sont déçus de l’édulcoration du héros à l’écran tandis que l’univers est un poil trop sombre pour y emmener toute la famille. Le blockbuster ne choisit pas son camp et déçoit, comme son score au box-office qui reste (très) loin de ses comparses issus de Marvel : seulement 179 millions de dollars récoltés avec un triste 102 millions aux US.

    Vraiment raté ou réhabilité ? Souvent, quand on est déçu d’un film, on ne le revoit pas avant très longtemps. Ce fut mon cas pour DAREDEVIL qui est toujours resté dans cette case depuis de longues années. Il faut bien admettre que cette nouvelle vision était plus agréable que la précédente. On peut se rendre compte que certaines idées étaient plutôt judicieuses tandis que les effets spéciaux tiennent encore assez bien la route malgré quelques CGI ratés. Si Ben Affleck manque un poil de conviction en justicier et que Jennifer Garner se débat comme elle peu avec Elektra, Colin Farrell assure dans la peau de Bullseye, personnage hautement critiqué à l’époque pour un humour déplacé par rapport à son équivalent sur papier. Quant à Michael Duncan Clark, il possédait l’impressionnante carrure pour se glisser dans la peau du Caïd. Evidemment, les plus gros défauts sont toujours là (manque de véritable parti pris, un scénario un peu mou et trop elliptique, des dialogues pas toujours finauds), mais le long-métrage mis en scène par Mark Steven Johnson (qui s’occupera de GHOST RIDER quatre ans plus tard) mérite un certain degrés de réhabilitation en 2023.

  • Nell, Jodie Foster se confronte à la civilisation

    Nell, Jodie Foster se confronte à la civilisation

    Si la carrière de Liam Neeson s’était étoffé de quelques rôles notables dans de bons films (comme MISSION de Roland Joffé), c’est indéniablement LA LISTE DE SCHINDLER qui l’a propulsé tout en haut de la A-list d’Hollywood. Michael Apted fait alors appel à lui pour jouer dans le film NELL, adaptation de la pièce IDIOGLOSSIA écrite par Mark Handley.

    L’histoire s’inspire de l’époque où le dramaturge vivait dans la chaîne des Cascades durant les 70s. S’insère également l’histoire vraie de Poto et Cabengo, deux soeurs jumelles américaines qui ont inventé et utilisé leur propre langage jusqu’à huit ans. Dans le film, c’est Jodie Foster qui incarne Nell, une jeune fille qui vivait recluse dans une forêt de Caroline du Nord avec sa mère. Celle-ci étant décédée, elle est retrouvée par le docteur Lowell (Neeson) qui constate que la fille manque de socialisation tout en ayant été élevée dans la crainte des hommes. Lowell sollicite alors une psychologue (interprétée par Natasha Richardson) pour l’aider.

    En voyant NELL, on pense forcément au film L’ENFANT SAUVAGE de François Truffaut, même si le long-métrage de Michael Apted s’en écarte par son sentimentalisme. Malgré une grande présence de cet aspect parfois mielleux qui gâche certaines productions américaines, il faut reconnaître que le récit

    reste bien mené et porté par un duo d’acteurs remarquable. Jodie Foster a d’ailleurs été grandement saluée pour sa prestation et elle ne fut pas loin de remporter son troisième Oscar après LES ACCUSES et LE SILENCE DES AGNEAUX (elle fut battu par Jessica Lange pour l’oublié BLUE SKY). L’actrice (également productrice ici) fera de nombreuses recherches pour interpréter ce personnage. Elle travaillera également avec un linguiste pour créer le langage de Nell, ce qui demandera énormément d’effort à l’actrice obligée alors de se comporter comme une femme étrangère à son propre monde.

    Si NELL ne sera pas un très grand succès au box-office, il permettra une certaine ouverture thématique auprès des établissements scolaires américains dans lesquels il sera fortement diffusé au fil des années. En questionnant notre ancrage dans la société, NELL parvient à rouvrir un débat séculaire : la civilisation est-elle nécessaire au développement de l’Homme ?

  • Les chiens de guerre, Christopher Walken et Tom Berenger en mercenaires

    Les chiens de guerre, Christopher Walken et Tom Berenger en mercenaires

    Adapté d’un roman écrit par Frederick Forsyth, LES CHIENS DE GUERRE s’inspire de faits ou personnages réels, Forsyth étant un écrivain qui ne se lance pas dans la rédaction d’un livre sans s’être au préalable pleinement documenté.

    Autant dire que cette histoire intéresse rapidement Hollywood : Jamie Shannon (Christopher Walken) est un mercenaire de renom. Son job : parcourir le monde et participer à toutes les guerres qui peuvent l’enrichir. Il vient d’accepter la mission la plus dangereuse de sa carrière : organiser un pustch au Zangaro, état africain gouverné par un dictateur sanguinaire. Pour remplir son contrat, il recrute une équipe de dangereux mercenaires : de véritables chiens de guerre… Michael Cimino, auréolé du succès de VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER, est d’abord contacté pour adapter l’oeuvre en long-métrage. Il laissera finalement sa place pour tourner le chef-d’oeuvre maudit de sa vie : LA PORTE DU PARADIS. La chance est donc offerte à John Irvin qui signe ici son premier film pour le cinéma après une carrière solide à la TV.

    Christopher Walken, lui, est rapidement choisi pour incarner le rôle principal du film. Il a le vent en poupe après son oscar obtenu pour sa remarquable prestation dans VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER et montre beaucoup d’intérêt concernant l’approche précise et réaliste du scénario. Il faut dire qu’en 1980, peu de

    productions d’action sont reconnues pour être vraisemblables… À ses côtés, le (presque) débutant Tom Berenger qui étalera toute sa puissance quelques années plus tard dans PLATOON. Si l’acteur ne démérite pas, c’est bien Walken qui prend toute la place ici. Il est une nouvelle fois impressionnant dans son rôle de mercenaire en quête d’une rédemption impossible, littéralement possédé dès lors qu’il joue un soldat dénué de morale qui accomplit sa mission quoi qu’il en coute non sans un minimum de conscience.

    Si LES CHIENS DE GUERRE fut un peu oublié au fil du temps, il n’en demeure pas moins être un long-métrage efficace qui joue davantage la carte de l’espionnage que celle du banal film guerrier. Le rythme s’avère donc assez différent du tout-venant de l’époque, ancré dans un certain réalisme et éloigné du spectacle « gros bras » qu’Hollywood aimait servir dans les 80s.

  • Gorilles dans la brume, Sigourney Weaver dans la peau de Dian Fossey

    Gorilles dans la brume, Sigourney Weaver dans la peau de Dian Fossey

    En l’espace d’une décennie, Sigourney Weaver a marqué de son empreinte le cinéma américain en incarnant notamment deux personnages dans deux franchises destinées à demeurer dans l’imaginaire collectif : SOS FANTOMES et, surtout, ALIEN.

    Un rôle en or

    L’année 1988 est à ce point exceptionnelle pour l’actrice qu’elle sera nommée deux fois l’année suivante

    pour les oscars : dans la catégorie meilleure actrice dans un second rôle pour WORKING GIRL et celle de la meilleure actrice pour GORILLES DANS LA BRUME ! Une prouesse qui montre l’importance de son aura à Hollywood. Le film réalisé par Michael Apted est la transposition sur grand écran de la vie de la célèbre Dian Fossey, une anthropologue et naturaliste. Femme de caractère, elle fut fascinée par les gorilles lors de son escapade au Rwanda et au Congo. Elle se consacra alors à temps plein à leur étude et à leur défense en s’installant près de leur habitat avec son fidèle second, Sembagare (John Omirah Miluwi).

    Weaver fut passionnée par les combats de cette femme qui a énormément oeuvré pour le bien des animaux, luttant notamment contre le braconnage jusqu’à s’attirer des conflits qui lui coûteront la vie : assassinée le 26 décembre 1986, son meurtre ne fut jamais élucidé. Quoi qu’il en soit, l’actrice se sent tellement concernée qu’elle adhère alors au DIAN FOSSEY GORILLA FUND, un organisme de protection des gorilles. Elle a pu également revenir sur les pas de l’anthropologue car le tournage se déroula majoritairement sur les lieux-mêmes où Fossey a observé les animaux. Dans un souci d’authenticité maximum, Michael Apted désirait prendre place dans ces endroits tout en installant le camp de base de l’équipe du film au sein des montagnes rwandaises !

    Un film important

    Sorti en octobre 1988 aux Etats-Unis (et en janvier 1989 en France), GORILLES DANS LA BRUME est un joli succès avec des recettes s’élevant à 61,1 millions de dollars (et 2 millions d’entrées en France). C’est aussi l’un des plus beaux rôles de Sigourney Weaver qui interprète avec une conviction détonnante cette femme amoureuse de la nature et prête à donner sa vie pour la protéger. Encore davantage aujourd’hui qu’à l’époque, le film d’Apted possède une incontournable pertinence sur le poids de nos actions concernant l’ecosystème. Plus effrayant encore, on peut se rendre compte du peu d’évolutions effectuées dans le domaine du braconnage qui continue encore et toujours de sévir…

  • Haute Voltige, une histoire de cambriolage avec Sean Connery et Catherine Zeta-Jones

    Haute Voltige, une histoire de cambriolage avec Sean Connery et Catherine Zeta-Jones

    Dans les années 90, la carrière de Sean Connery se poursuit tranquillement, entre action movie populaire (ROCK) et adaptation de série célèbre (CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR).

    Un projet de Sean Connery

    En 1996, il décide de produire, via sa société FOUNTAINBRIDGE FILMS, HAUTE VOLTIGE, un scénario orginal écrit par Ron Bass (l’auteur de RAIN MAN). L’histoire tourne autour d’un cambriolage qui doit se dérouler la nuit de la rétrocession de Hong Kong à la Chine. Il faudra toutefois attendre quelques mois avant que le projet ne décolle réellement. En 1998, Antoine Fuqua est engagé au poste de réalisateur. Le futur metteur en scène de TRAINING DAY est engagé grâce au buzz produit par son premier film, UN TUEUR POUR CIBLE avec Chow-Yun Fat. Malheureusement, l’entente sera loin d’être bonne entre lui et le premier interprète de James Bond…

    Une actrice star

    Fuqua a en tête de faire un spectaculaire film d’action et collabore de près avec le cascadeur Vic Armstrong. Il déclara. « Je me suis très bien entendu avec lui, et nous avons imaginé d’énormes scènes d’action comme une poursuite en hélicoptères à travers Hong Kong. Mais le scénario a commencé à évoluer et à se

    transformer en film de casse romantique plutôt qu’en blockbuster d’action. » En effet, Sean Connery tient à privilégier une certaine mesure. Son personnage, un cambrioleur hors pair d’origine écossaise, est traqué par l’enquêtrice d’une compagnie d’assurances, qui finit par lui proposer un coup de huit milliards de dollars. Il y a beaucoup d’influences dans le script final qui se réfère à l’un des plus grands films du genre, L’AFFAIRE THOMAS CROWN avec Steve McQueen et Faye Dunaway. Connery : « Dans le scénario initial, nous avions une intrigue où ils se retrouvaient au lit presque instantanément. Cela m’a paru autrement moins intéressant que montrer une belle femme intelligente qui ne se jette pas au lit pour réussir. L’idée était de changer, de ne pas faire comme dans les films d’aujourd’hui. Mon personnage fixe les règles strictes de leurs rapports : pas question d’aller plus loin, c’est ainsi. Par la suite, la lente évolution de leur relation ambiguë est autrement plus séduisante.« . Au départ, Nicole Kidman est la favorite pour incarner la dénommée Virginia « Gin » Baker. Toutefois, l’actrice ne pourra pas se libérer car elle est prise sur un tournage qui lui prend beaucoup de son temps : EYES WIDE SHUT aux côtés de Tom Cruise avec Stanley Kubrick à la réalisation. Les dirigeants de la FOX, réactifs, vont suggérer le nom de Catherine Zeta-Jones. Grâce à son rôle dans LE MASQUE DE ZORRO, l’actrice est devenue une véritable vedette. Elle ironisa à l’époque sur son statut. « Il y avait des moments où je ne voyais même pas un script pendant des mois. Maintenant, j’en reçois et ils me disent : Oh, au fait, tu es en compétition avec Julia Roberts et Nicole Kidman ! ». Malgré la différence d’âge de 39 ans entre les deux partenaires, Connery l’engage. Ne perdant pas le Nord, Zeta-Jones va négocier un salaire de 5 millions de dollars en assurant elle-même la majorité de ses cascades.

    Dissensions et succès

    Pendant ce temps là, les relations s’enveniment entre Antoine Fuqua, d’un côté, et Sean Connery de l’autre. Vic Armstrong se trouve entre les deux, chaque partie lui demandant des choses tout à fait différentes. Finalement, Fuqua quittera le projet peu de temps avant le début du tournage, arguant le fait qu’il avait signé pour un autre film. C’est Jon Amiel qui lui succèdera, un metteur en scène connu pour son efficacité et qui a notamment signé COPYCAT. Les défis sont de taille sur le plateau à cause des nombreuses cascades à mettre en boîte, mais le tournage se déroulera toutefois sans accroc significatif.

    HAUTE VOLTIGE sera accueilli au festival de Cannes 1999 avec un public conquis et heureux d’apercevoir l’immense Sean Connery défiler sur le tapis rouge. Une promotion qui ne passera pas inaperçu dans l’Hexagone puisque le long-métrage attirera plus de 2,6 millions de spectateurs dans les salles. C’est également l’une des dernières fois que l’on verra l’acteur devant la caméra puisqu’il ne tournera plus que deux fois par la suite : pour Gus Van Sant dans A LA RENCONTRE DE FORRESTER puis dans l’adaptation de LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES.