Le terminal, Tom Hanks prisonnier d’un aéroport

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Avant de tourner les sombres LA GUERRE DES MONDES et MUNICH, Steven Spielberg se penche sur une histoire plus légère, aussi incroyable que vraie, nommée LE TERMINAL. Elle s’inspire d’un événement que le réfugié iranien sans papiers, Mehran Karimi Nesseri, a vécu pendant une dizaine d’années à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle dans des conditions similaires.

A la lecture du script de Jeff Nathanson et Sacha Gervasi, le cinéaste est enthousiaste, décidant alors de s’y atteler en tant que réalisateur. On y suit donc Viktor Navorski, héros originaire du pays imaginaire de Krakozie. À la suite d’un coup d’Etat survenu dans son pays tandis qu’il volait en direction des Etats-Unis, Viktor se retrouve alors apatride. Il devient le résident contraint et forcé du terminal de l’aéroport où il atterrit. Spielberg n’hésite absolument pas pour choisir l’acteur qui incarnera ce personnage. Il n’en veut qu’un : Tom Hanks.

Néanmoins, le protagoniste n’est pas si aisé à interpréter. Il parle avec un fort accent, ignore les us et coutumes américains et est prisonnier d’un environnement anonyme et froid. C’est un nouveau défi pour Hanks qui est assez éloigné de ses habitudes ici. Pour Spielberg, il livre l’une de ses meilleures interprétations. « Honnêtement et égoïstement, je pense que c’est son meilleur rôle au

cinéma, y compris FORREST GUMP et PHILADELPHIA pour lesquels il a obtenu l’oscar. C’est mon humble opinion de réalisateur, totalement subjective !« . Si je n’irai tout de même pas aussi loin que le metteur en scène, on peut en effet reconnaître que l’acteur joue ici un rôle étonnant qu’il maîtrise avec sa rigueur habituelle.

Si LE TERMINAL a coûté la bagatelle de 60 millions de dollars, c’est à cause du décor principal qui a du être reconstitué en studio. L’équipe ne pouvait tout simplement pas louer un aéroport pour y tourner pendant plusieurs heures par jour. Il fallut donc en construire un dans un hangar d’aviation désaffecté situé à Palmdale en Californie. L’aéroport reconstruit mesura alors 18 mètres de haut avec une surface de 30 480 mètres carrés. Il aura fallu 20 semaines de construction et plus de 200 employés pour ce formidable décor. Le réalisme est saisissant.

Peut-être plus confidentiel dans la carrière de Spielberg, LE TERMINAL est pourtant un petit bijou d’écriture, parfois drôle, parfois émouvant. Tom Hanks y est magnifique dans la peau d’un personnage fonceur qui possède quelque chose de mélancolique et d’immensément attachant. Le film témoigne également de la versatilité stupéfiante de Spielberg qui est capable de passer d’un genre à l’autre avec une faculté étonnante. Le box-office est honorable, le long-métrage rapportant 218 millions de dollars à travers le monde.

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