Blood Diamond, un film charnière pour Leonardo DiCaprio

Après LES INFILTRES, ce rôle dans BLOOD DIAMOND allait se révéler l’un des plus exigeants de la carrière de Leo. Ce long-métrage tourné au Mozambique, dans lequel il incarnait un sale type, susciterait bien des polémiques à son retour à Hollywood.

Un engagement personnel

A l’époque, DiCaprio était déjà connu pour s’intéresser aux problèmes de la planète, mais lorsqu’il s’engagea dans le thriller réaliste d’Edward Zwick, le trafic de diamants était un sujet méconnu. Dans ce film, il campait un ancien mercenaire à la peau dure. Il devait s’associer avec une victime de la guerre civile en Sierra Leone, interprétée par Djimon Hounsou. Pour des raisons différentes, les deux hommes entamaient alors la quête d’un diamant d’une valeur inestimable. L’action, située au début des années 1990, montrait comment les soldats rebelles enrôlaient de force les enfants et terrorisaient les populations civiles à coup de massacres et de mutilations.

C’était loin d’être la première fois que Leo approfondissait son rôle. Mais BLOOD DIAMOND lui demanda des recherches d’un genre nouveau. « Je n’avais jamais vraiment passé de temps avec des mercenaires sud-africains auparavant. Donc il m’a fallu dénicher quelques-uns de ces hommes, écouter leurs histoires, passer du temps avec eux et les soûler !« . Une expérience forte qui lui permet d’appréhender leur comportement. « Il n’y a pas beaucoup de « métrosexuels » par là-bas. Ce sont tous des mâles dominants : durs, directs. Je me situais quelque part entre les deux : pas aussi brute que certains de ces mecs, mais pas tendre non plus.« . Un autre challenge consista à maîtriser l’accent sud-africain, réputé « extrêmement difficile ». Une tâche que Leo réussit avec beaucoup de persistance, s’entraînant durant plusieurs semaines.

Un tournage édifiant

Le Mozambique représentait l’endroit idéal pour tourner le film, car l’histoire de ce pays africain est presque aussi tourmentée que celle de la Sierra Leone. De nombreux rôles furent attribués à des acteurs locaux qui ne connaissaient que trop bien les conflits liés au trafic de diamants. Cette expérience marqua fortement DiCaprio, qui fut le témoin direct des problèmes rencontrés par les pays africains en difficulté. « Au Mozambique, il y avait une petite fille qui travaillait avec nous sur le film. J’ai appris que ses deux parents étaient morts du sida et qu’elle vivait dans un orphelinat. Dans une situation comme celle-là, où ces enfants ont tout perdu, comment ne pas apporter son aide ? »

Emus par cette détresse, Leonardo et les producteurs de BLOOD DIAMOND s’efforcèrent d’apporter leur contribution. Ils lèveront des centaines de milliers de dollars en faveur des amputés, des orphelins ainsi que des autres victimes de la guerre et de la maladie dans le pays. « Ce film m’a changé, c’est indiscutable. On doit agir, on doit donner en retour« . À 32 ans, l’artiste se remet profondément en question et fut sidéré de cette situation qu’il découvrait sous ses yeux. « Ce qui m’a le plus impressionné c’était que, malgré toutes les atrocités qui ont eu lieu en Afrique, malgré la pauvreté et les privations, ils gardaient une attitude positive envers la vie. Ils dansaient dans le rue, ils riaient, ils était tout simplement heureux d’être en vie. ».

Leo considérait BLOOD DIAMOND comme un film « important« . Il l’espérait divertissant, car même s’il portait un message, il ne le faisait pas ingurgiter de force aux gens. Le film parut alors avoir un impact immédiat, avant même sa sortie. Le groupe De Beers passa notamment à l’offensive : il loua les services d’une agence de relations publiques hollywoodienne et se joignit au Conseil mondial du diamant pour entamer une campagne coûteuse afin de limiter les dégâts. Le commerce des diamants représentait la somme de trente milliards de livres par an ! Le secteur se mit donc en action pour éviter que les diamants ne connaissent le même sort que la fourrure.

De son côté, DiCaprio estima que De Beers n’avait pas compris le propos du film. « Le film ne dit pas qu’il ne faut pas acheter de diamants. Il indique que, chaque fois que vous faites un chèque pour payer un produit, vous cautionnez la manière dont la société fait du commerce. S’agissant des diamants, moi, je vais commencer par exiger la preuve que ce n’est pas un « diamant de sang » « .

Les critiques du film furent élogieuses. Le public répondit présent puisque BLOOD DIAMOND rapporta 171 millions de dollars de recettes mondiales. Certes, il dérangea de nombreux grands groupes, effrayés par l’image que le film renvoyait. Mais ce dernier permis d’éveiller les consciences et changea radicalement l’image qu’on pouvait avoir des diamants et de son commerce discutable.

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