L’assassinat de James James par le lâche Robert Ford, Brad Pitt dans son premier western

Andrew Dominik n’est pas un homme très prolifique, mais aura eu la chance de collaborer deux fois avec Brad Pitt. La première sur le remarquable L’ASSASSINAT DE JAMES JAMES PAR LE LACHE ROBERT FORD tandis que la seconde se fera sur le plus confidentiel COGAN.

En 1881, Jesse James est un hors-la-loi légendaire. Il a 34 ans. Sa célébrité lui provient de multiples braquages. Au lendemain de la guerre de Sécession, il représente une rébellion qui lui vaut d’être considéré comme un Robin des Bois. Ford, qui a grandi en idolâtrant James, et désireux de rejoindre le gang, se lance dans une mission à Glendale, dans le Missouri, où les membres du Gang James-Younger préparent la dernière attaque de train de leur carrière. Le film commence sur cette rencontre à l’automne 1881. Sa carrière tirant à sa fin, Jesse James devient conscient de l’impossibilité de faire face à une armée de plus en plus vaste de shérifs, d’agents fédéraux et des hommes du détective Allan Pinkerton. Il sent que, inévitablement, l’un des siens le vendra pour une grosse récompense. Refusant de donner aux hommes de loi une telle satisfaction, James prépare sa propre mort et cultive subtilement les fébriles attentions du plus servile et lâche de ses associés : le vingtenaire Robert Ford.

Le film d’Andrew Dominik s’inscrit dans le genre du western, mais en détourne consciemment les règles. On penche plus ici vers le biopic et, surtout, comme un film historique qui voudrait détailler les derniers mois de la vie d’une des légendes américaines. Ainsi, Jesse James n’est pas montré ici comme l’homme

dépeint habituellement. Il n’y a aucune vision embellie de la réalité, bien au contraire : son comportement est celui qui fut de lui l’un des plus impitoyables hors-la-loi de son temps. C’est un homme cynique, méfiant, méprisant, impitoyable, mais aussi vulnérable et jovial. On a presque affaire à une légende abîmée qui se sent incomprise par le monde, comme cette courte réplique l’indique : « Je suis à plaindre » dit-il, la mine sombre.

Brad Pitt livre ici une prestation de haut vol qui casse radicalement la routine dans laquelle l’acteur s’était plongé dans les années 2000 avec quelques films plus légers et / ou commerciaux. L’ASSASSINAT DE JAMES JAMES PAR LE LACHE ROBERT FORD est un long-métrage aussi lyrique que rugueux, exigeant du spectateur qu’il plonge littéralement dans cet univers parfois mélancolique, parfois dur. Casey Affleck, Sam Rockwell, Ted Levine, Sam Shepard complètent un casting éblouissant tandis que la bande son concoctée par Nick Cave et Warren Ellis est une véritable pépite. Beaucoup de monde est passé à côté de ce sublime long-métrage en 2007, mais le temps a joué en sa faveur pour obtenir la reconnaissance qu’il mérite.

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