Le solitaire, James Caan chez Michael Mann

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Avant LE SOLITAIRE, Michael Mann avait débuté sa carrière avec le film COMME UN HOMME LIBRE. À l’instar de Steven Spielberg avec DUEL, on se pose toujours la question de le qualifier en tant que « premier film » car les deux ont été réalisés pour la télévision.

Aux origines du film LE SOLITAIRE (THIEF en VO), il y a un roman, celui écrit par John Seybold, un voleur de bijoux de Chicago, intitulé THE HOME INVADERS (et que l’auteur a publié sous pseudonyme, Frank Hohimer). Très intéressé par l’histoire, Michael Mann aimerait en tirer un film policier et demande à UNITED ARTISTS, une grande maison de production, si elle l’aiderait dans le financement de ce projet. L’époque est propice aux paris et aux nouvelles voix. Mann en veut et possède une réelle vision. La firme lui alloue 8 millions de budget et une liberté créatrice totale. Oui, une autre époque…

S’il pioche des idées dans le roman, le cinéaste veut aussi (et surtout) dépeindre le quotidien d’un voleur de manière très réaliste et précise. Grâce à ses connaissances dans le milieu policier, il va pouvoir s’entretenir avec de véritables voleurs et rassembler de nombreuses anecdotes qu’il va incorporer dans son scénario. D’ailleurs, une grande partie de la distribution sera remplie de policiers et de criminels réels de la ville de Chicago. Le réalisateur aime ce réalisme brut qui va lui permettre d’être encore plus pertinent vis-à-vis de son sujet.

Pour interpréter son voleur de bijoux, Frank, Mann se tourne vers James Caan. Dans ce début des années 80, l’acteur est une vedette, enchaînant les rôles et les grands films : LE PARRAIN, bien évidemment, mais également ROLLERBALL, UN PONT TROP LOIN ou encore LE FLAMBEUR. Les 70s resteront la plus grande décennie de sa carrière. Caan, ayant adoré le téléfilm COMME UN HOMME LIBRE, accepte la proposition du cinéaste. Il incarne donc Frank qui, un talentueux voleur de bijoux, qui, après onze ans passés en prison, décide de se lancer dans un dernier coup avant de se ranger pour de bon avec son ami Jessie (interprétée par Tuesday Weld).

Porté par une BO grandiose du groupe allemand Tangerine Dream, LE SOLITAIRE est un solide film policier où la mise en scène de Mann s’avère impressionnante. À l’époque, il dépoussiérait un genre bien ancré dans l’art en général, que ce soit au cinéma ou en littérature. James Caan trouve là l’un de ses meilleurs rôles et l’ambiance baigne dans une atmosphère pesante et planante. Quarante ans après sa sortie, LE SOLITAIRE possède toujours cette dimenson singulière même si Mann parviendra dans le futur à augmenter la dynamique de ses films ainsi que leur nature brute.

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