Macadam Cowboy, le renouveau du cinéma américain

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MACADAM COWBOY est clairement l’un de ces films qui a marqué considérablement le cinéma américain. Une histoire d’amitié et d’illusions perdues dans les 60s qui porte sa mélancolie vers des sommets.

Un projet à risque

John Schlesinger, le réalisateur, eu un coup de coeur immédiat pour le roman MIDNIGHT COWBOY, écrit par James Leo Herlihy. Dans sa tête, il a déjà le film qui défile, mais la controverse qui accompagne l’ouvrage ne joue pas en sa faveur. L’agent du cinéaste lui

déconseille vivement de s’attaquer à un tel projet tout comme ses amis dans le milieu du 7ème art. Mais son tempérament de fonceur est plus fort que tout. Toutefois, l’échec de la grosse production LOIN DE LA FOULE DECHAINEE a quelque peu fragilisé son statut et il est déjà clair qu’il devra batailler pour adapter un roman dont il a acquis les droits.

Schelsinger trouvera le producteur idéal. Il s’agit de Jerome Hellman, un homme qui, comme lui, s’engage avec une telle conviction dans le projet qu’il renonce à son salaire habituel. Une concession qui pèse lourd dans les négociations avec United Artists. Contre une diminution substantielle de leur cachet, les deux hommes obtiennent le financement du studio qui, en contrepartie, leur accorde un pourcentage sur les recettes. Bien sûr, personne n’aurait misé, à ce moment là, sur l’énorme succès qu’allait rencontrer MACADAM COWBOY.

L’étape du casting

La grande étape du projet est bien sûr de trouver les deux rôles principaux, le texan Joe Buck et le new-yorkais Ratso. Des personnages forts qui peuvent marquer un tournant dans une carrière. Warren Beatty le comprend vite et se propose. Schlesinger refusera directement, arguant le fait qu’il est déjà trop célèbre. Lee Majors et Michael Sarrazin sont approchés, mais le contrat du premier (futur héros de L’HOMME QUI VALAIT TROIS MILLIARDS) et les prétentions salariales du second mettent fin aux discussions. C’est finalement l’inconnu Jon Voigt qui est choisi pour interpréter Joe Buck. Un acteur méticuleux qui fait de la maîtrise de l’accent texan une priorité absolue !

Pour le second rôle principal, Robert Blake est dans le viseur. Le comédien de SANG FROID déclinera l’offre. C’est Jerome Hellman qui va souffler le nom de Dustin Hoffman dans l’oreille du réalisateur. Il l’a découvert lors d’un one-man show trois ans plus tôt intitulé EH, et il l’avait beaucoup impressionné. Entre-temps,

Hoffman est devenu une vedette grâce au film LE LAUREAT. C’est justement à cause de ce long-métrage que Schlesinger est dubitatif. Il ne voit pas Hoffman dans le rôle et c’est le comédien qui va le persuader en endossant un vieux manteau usé, modifiant alors son allure. Il va ensuite se mêler à la foule, aux marginaux, et fait incognito la manche. Le cinéaste est alors bluffé.

Un film classé X

MACADAM COWBOY est aujourd’hui un classique du cinéma américain. Classé X de manière incompréhensible à l’époque, il sera tout de même un grand succès et obtiendra trois oscars (meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario). Désavoués d’une certaine manière par ces récompenses, les membres du comité de censure contactent alors John Schlesinger et son producteur pour leur proposer un marché : le déclassement du film en échange de coupes symboliques. Refus catégorique du cinéaste, soutenu par son studio. Une vraie vision jusqu’au bout qui ne répond à aucune pression commerciale.

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