Diamants sur canapé, Audrey Hepburn au sommet de son art chez Blake Edwards

À seulement 24 ans, la fabuleuse Audrey Hepburn avait déjà remporté un oscar pour son rôle dans VACANCES ROMAINES, réalisé en 1954 par William Wyler. Sept ans plus tard, elle est toute proche d’en remporter un autre avec son inoubliable rôle dans DIAMANTS SUR CANAPÉ, adaptation d’une nouvelle éponyme écrite par Truman Capote.

L’art du glamour

Une croqueuse de diamants cherche à épouser un homme riche alors que son voisin écrivain s’intéresse à elle. La jolie Holly fait également en toute innocence le messager pour un truand notoire. Lorsque la police l’interroge, elle n’a aucun mal à prouver son innocence mais son futur époux, riche planteur brésilien, s’éloigne par peur du scandale. L’écrivain en profite pour consoler la belle. Le réalisateur Blake Edwards emballe cette histoire en mélangeant rire, larmes, burlesque et émotion. Une approche qui se retrouve dans toute sa filmographie, mais qu’il parfait ici avec un goût certain pour le chic.

Tout démarre d’ailleurs lors du générique du début dans lequel Audrey Hepburn porte sa fameuse robe fourreau en satin noir. Créée par le couturier français Hubert de Givenchy, voici l’image ultime du sophistiqué à la new-yorkaise qui marqua durablement les esprits. En outre, cette création restera à jamais l’une des plus célèbre de l’Histoire du cinéma et fait directement rentrer DIAMANTS SUR CANAPÉ dans la catégorie des indispensables. Cette aura, il a la doit bien sûr à l’excellente Audrey Hepburn, mais aussi à la musique de Henry Mancini (« Moon River », Oscar de la meilleure chanson cette année-là) qui deviendra le compositeur attitré de Blake Edwards. On est ici dans le triomphe du glamour et de l’élégance des 60s dans lequel l’habile mise en scène prend le pas sur un scénario au final assez ordinaire, mais possédant d’intéressantes thématiques.

Une lecture moderne

Ainsi, derrière le goût immodéré de la fête et le souci de ne jamais s’apitoyer sur soi-même, il y a la

blessure d’une petite fille qui est devenue trop rapidement un objet de désir. Quant au personnage de l’écrivain entretenu par une femme riche plus âgé que lui, il renverse les codes du séducteur hollywoodien avec un acteur (George Peppard) parfaitement en phase avec le rôle. Cette inversion des rôles (hommes passif et femme active) reste d’une modernité folle, mais il faut se rappeler qu’à l’époque, de tels codes n’étaient pas forcément établis. En replongeant dans la carrière d’Edwards, on peut se rendre compte à quel point ce cinéaste pouvait être visionnaire concernant l’évolution du monde (même si certains de ses films parlaient du rapport homme / femme avec quelques maladresses).

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