Dans la ligne de mire, Clint Eastwood face à John Malkovich

Wolfgang Petersen était un réalisateur efficace avec qui les studios aimaient travailler. Il faisait son boulot avec une grande perspicacité, parvenant régulièrement à rehausser des scripts pas toujours très finauds. Il met en scène DANS LA LIGNE DE MIRE en 1993 et nous offre une traque haletante entre un agent du Service Secret et un tueur ex-agent de la CIA.

Au début des années 1990, Frank Horrigan, un agent du Secret Service, une unité du gouvernement américain affectée à la protection du président des États-Unis, est en fin de carrière. Présent à Dallas le 22 novembre 1963, Horrigan s’en veut toujours de n’avoir pas pu éviter l’assassinat de John F. Kennedy alors qu’il faisait partie de l’équipe qui assurait sa protection. Aussi, lorsqu’un ex-tueur de la CIA (Mitch Leary, qui se fait appeler « Booth » comme John Wilkes Booth) décide de s’en prendre au président actuel, prévoyant de l’assassiner alors que celui-ci se représente aux élections et fait de nombreuses apparitions publiques à travers le pays, Horrigan, toujours en poste, prend l’affaire à cœur. Malgré son âge avancé, il demande à retourner au service de protection présidentiel (Presidential Protective Detail), où il entame une relation avec sa collègue l’agent Lilly Raines.

L’idée principale du film vient du producteur Jeff Apple qui, dans les années 80, commence à développer un script qui aboutira à DANS LA LIGNE DE MIRE. Depuis son plus jeune âge, il rêve de faire un film sur un agent du Secret Service des USA et son désir va aboutir à ce thriller efficace finalement écrit par le scénariste Jeff Maguire. Apple fait marcher ses relations, la Columbia Pictures rejoignant rapidement le projet avec un budget global confortable de 40 millions de dollars. Bien installé à Hollywood, Petersen est sollicité pour le réaliser avec potentiellement Sylvester Stallone dans la peau de l’antagoniste. Ce sera finalement l’excellent John Malkovich qui incarnera le dénommé Mitch Leary. Sa performance marque tellement les esprits qu’il sera sera nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur second rôle.

De son côté, Clint Eastwood fait des infidélités à la Warner en incarnant le rôle principal. Une chance pour Petersen qui admire sa carrière d’acteur et de réalisateur. Il avouera quelques années plus tard. « Il est meilleur acteur encore que je ne le pensais avant de commencer. Il possède cette faculté impressionnante de tout jouer avec une facilité déconcertante. Et on plus on tournait, plus je prenais plaisir à m’imaginer toutes les facettes qu’il pouvait encore révéler.« . On le comprend. Pour l’anecdote, des images numérisées provenant des anciens films d’Eastwood ont été utilisées pour les scènes d’assassinat de Kennedy. Un procédé encore inédit à l’époque qui s’est largement perfectionné depuis.

DANS LA LIGNE DE MIRE sera finalement un solide succès avec 176 millions de dollars de recettes mondiales. On prend toujours beaucoup de plaisir à regarder ce film, porté par la partition sèche d’Ennio Morricone. Le face-à-face entre les deux comédiens est évidemment l’un des atouts de l’ensemble, Malkovich prenant visiblement un malin plaisir à malmener le téméraire Eastwood. Après ça, Wolfgang Petersen dirigera un autre grand comédien, Dustin Hoffman, pour ALERTE !, un film catastrophe sur un virus mortel.

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