Dragon Rouge, Anthony Hopkins revient une ultime fois

Après LE SILENCE DES AGNEAUX et HANNIBAL, Anthony Hopkins reprend une ultime fois le personnage du cannibale. Ici, c’est pour une préquelle qui revient donc avant les événements du film initial réalisé par Jonathan Demme.

Trois ans après avoir arrêté le docteur Hannibal Lecter, Will Graham (Edward Norton) vit paisiblement avec sa femme et son fils en Floride. Les blessures physiques que lui a infligées ce dangereux criminel ont disparu, mais il garde encore quelques séquelles psychologiques de sa rencontre avec lui. Cette mauvaise expérience l’a amené à se retirer du FBI. Un jour, son ancien patron (Harvey Keitel) vient lui rendre visite. Il a besoin de son aide pour traquer un tueur en série connu sous le nom de « la petite souris » (Ralph Fiennes). Ce dernier a déjà massacré deux familles durant des nuits de pleine lune. Le FBI ne dispose que de quelques jours avant qu’il ne frappe à nouveau. Will ne se sent pas prêt à reprendre du service, mais a-t-il réellement le choix ? Afin de comprendre les motivations de ce tueur, il se voit contraint de demander l’aide du docteur Lecter, qui se trouve au centre de détention psychiatrique de Baltimore.

DRAGON ROUGE, c’est un peu le mal-aimé de la trilogie. Certes, c’est probablement le moins rythmé des trois et le moins original puisqu’il reprend sans vergogne la structure du SILENCE DES AGNEAUX. Le HANNIBAL de Ridley Scott avait au moins tenté de différer en terme de style du précédent. Brett Ratner, le réalisateur de DRAGON ROUGE, n’est pas non plus le cinéaste le plus inventif qui soit. Il manque en effet d’une vraie ambiance glauque pour rehausser le niveau de l’ensemble. Mais globalement, le long-métrage est efficace et atténue la présence d’Hannibal pour nous présenter une autre facette de lui, peut-être encore plus animal. Anthony Hopkins, le regard fou et acéré, est toujours aussi impressionnant. Avec son parlé si particulier et ses bons mots, il est, à mes yeux, irremplaçable dans ce rôle.

Le criminel joué par Ralph Fiennes est également très intéressant et relativement ambigüe. Le charisme redoutable de son interprète y est pour beaucoup, évidemment, mais l’écriture autour du dragon rouge est plutôt bien réussie. Il aurait pu être encore plus fourbe en malmenant davantage son adversaire, Will Graham, incarné par un

Edward Norton plongé dans l’horreur d’une situation effroyable. La séquence où il entre chez les victimes du tueur glace le sang puisqu’elle est suggérée et non montrée. Elle joue alors sur notre propre imagination, s’immergeant également dans la tête de Graham qui ne sait encore rien de ce qu’il s’est passé.

DRAGON ROUGE possède donc de nombreuses qualités qui raccordent les wagons avec LE SILENCE DES AGNEAUX (et qui permet même de mieux comprendre certains détails du film porté par Jodie Foster). Néanmoins, DRAGON ROUGE est celui qui marchera le moins bien des trois, rapportant 209 millions de dollars (contre 272,7 millions pour LE SILENCE DES AGNEAUX et 351,7 millions pour HANNIBAL). Cinq ans plus tard, Hannibal reviendra sous les traits de Gaspard Ulliel pour HANNIBAL LECTER, LES ORIGINES DU MAL.

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