Christine, John Carpenter plonge dans l’univers de Stephen King

Lorsque John Carpenter débarque sur le projet CHRISTINE, l’homme est déjà un réalisateur reconnu qui vient d’enchaîner cinq grands films en seulement six ans (de 1976 à 1982) : ASSAUT, HALLOWEEN, FOG, NEW YORK 1997 et ce qui restera l’une de ses plus grandes oeuvres, THE THING.

Cependant, CHRISTINE n’est pas vraiment un projet qui tient à coeur au cinéaste. Tout commence par une amitié, celle du producteur Richard Kobritz et de l’auteur Stephen King. Le second envoie au premier le

manuscrit de deux futurs romans, un nommé CUJO et l’autre intitulé CHRISTINE. Kobritz s’emballera pour l’histoire de cette voiture tueuse et démarrera rapidement la production du film avant que le livre ne soit publié. De son côté, John Carpenter accuse le coup suite à l’échec de THE THING. Psychologiquement, le réalisateur va mal : « J’ai été attaqué par l’ensemble des critiques, par les fans, et le studio n’était évidemment pas satisfait. » déclarera-t-il. « C’est la première fois que je subissais une telle pression. ». En effet, si le film est aujourd’hui considéré comme un chef-d’oeuvre, ce ne fut pas du tout le cas au moment de sa sortie. Toutefois, Carpenter garde la confiance des studios et c’est ainsi que Kobritz se tourne vers lui au moment de lancer CHRISTINE.

C’est ainsi que le metteur en scène se concentre sur ce nouveau projet sans véritable conviction. Il pensait d’abord s’occuper d’une autre transposition de King (CHARLIE), mais sa situation l’oblige plus ou moins à accepter la proposition de Kobritz même si le scénario du long-métrage ne le convainc pas. La COLUMBIA PICTURES investi plus de dix millions et désire attirer des acteurs bankable pour les rôles principaux. Carpenter souhaite tourner avec des inconnus et il sera soutenu par le producteur, ce qui fera abdiquer le studio.

Le film CHRISTINE s’écarte du matériau d’origine en supprimant notamment un élément crucial du livre : dans celui-ci, le propriétaire original de la voiture hantait le siège arrière du véhicule, réduit à l’état de zombie. À l’écran, cette modification est pourtant une très bonne idée puisqu’elle permet de recentrer l’intrigue autour d’Arnie et la voiture. Assumant ce projet comme celui qui doit le faire renouer avec le succès, il sait que ce n’est qu’une commande et s’éxécute avec savoir-faire, mais sans s’y plonger personnellement. Pourtant, tout en étant à la solde du système, il réalise une oeuvre assez noire qui traite de sujets durs, du passage à la vie d’adulte au besoin de reconnaissance et d’intégration. À sa sortie, le film est un succès public, mais décevra Stephen King par ses prises de liberté.

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