Seven, la rencontre entre Brad Pitt et David Fincher

Dans la carrière de Brad Pitt, il y a eu un avant et un après SEVEN. Dans la carrière de David Fincher, il y a eu un avant et un après SEVEN. Aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs films des 90s, on peut également penser que c’est certainement le meilleur long-métrage réalisé par Fincher.

Pitt a toujours reconnu que SEVEN lui avait permis de gommer cet aspect un peu « lisse » de « beau gosse »

qu’il tenait au début de sa carrière. Une carrière déjà bien remplie puisqu’on l’avait vu dans ET AU MILIEU COULE UNE RIVIERE, ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE ou encore LEGENDES D’AUTOMNE ! Cette fois, il plonge dans un récit sombre et sans concession qui, il est vrai, casse l’image que pouvait se faire les spectateurs à son égard. En incarnant l’inspecteur David Mills, un homme impulsif et téméraire, il propose une autre palette de son jeu d’acteurs dans un décor constamment hanté par la pluie, les teintes grisâtres et le Mal. Fincher, lui, réalise ce qu’il nommera « son premier film », même si trois ans plus tôt il fut aux commandes du mal-aimé ALIEN 3, opus que son auteur reniera sans détour. Il aura fallu attendre trois ans pour que le cinéaste repasse derrière la caméra avec SEVEN, dont le script est signé par Andrew Kevin Walker.

Comme une exposition de tous ses tourments d’artiste blessé, Fincher ouvre les portes d’une psyché froide et cathartique qui voit un serial killer s’emparer des sept pêchés capitaux pour commettre d’atroces crimes. Dans une ambiance malsaine à souhait, le cinéaste s’empare de cette histoire avec une maestria de tous les instants et offre un terrain de jeu magnifique pour ses comédiens tous très investis. Le duo que forme Pitt avec Morgan Freeman constitue le coeur même du projet et façonne entièrement la vision que l’on a du film. Bien sûr, SEVEN ne serait pas le même sans son incontournable final, mais il serait trop facile de le résumer à ce rebondissement sans en retirer toute la substance qui le précède.

Carton mondial (327 millions de dollars à travers le monde), SEVEN marque la première collaboration entre Pitt et Fincher. Elle sera suivie par deux autres, très réussies elles aussi : la claque FIGHT CLUB en 1999 et l’élégiaque L’ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON en 2008. Dans les deux cas, Brad Pitt livrera là aussi une interprétation détonnante.

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