Le Grand Chemin, l’histoire émouvante de gens ordinaires

Parfois, il y a des films qui représentent juste ce qu’est la vie sans forcément rentrer dans une intellectualisation élitiste. LE GRAND CHEMIN, sous ses atours d’oeuvre classique, nous dessine le portrait de gens ordinaires qui se battent pour des enjeux simples. Et 35 ans plus tard, sa magie fonctionne toujours autant.

Un tournage solidaire

Abandonnée par le père de ses enfants, Claire (Christine Pascal), enceinte, confie son fils aîné Louis à un couple d’amis Marcelle (Anémone) et Pelo (Richard Bohringer). Le petit Parisien doit apprendre à se familiariser avec l’ambiance de la campagne et l’atmosphère étrange qu’il règne dans le foyer du couple qu’un lourd secret sépare depuis des années. L’arrivée du petit garçon sera pour eux un nouveau départ. Cette histoire, Jean-Loup Hubert l’imagine en un mois dans sa maison de campagne. Lui qui devait mettre en scène le projet SANGUINE (abandonné à deux semaines du tournage) a finalement réalisé un travail cathartique sur les lieux de son enfance. La vérité et l’authenticité du futur LE GRAND CHEMIN se trouvent là, dans ces murs renfermant une tranche de vie.

Dans cette optique, tout est intégralement tourné dans des décors naturels et plus précisément à Rouans, petite commune de Loire-Atlantique située entre Nantes et Pornic. Jean-Loup Hubert ne raconte rien de moins qu’une propre partie de sa vie. Il redevient ce jeune nantais des années 50 passant ses vacances chez Marcelle et Pelo ainsi que sa complicité avec sa copine Martine (incarnée par Vanessa Guedj dans le film). LE GRAND CHEMIN deviendra un véritable monument dans cette région, laissant de grands souvenirs aux habitants qui sont restés très proches de toute l’équipe durant les deux mois de tournage. Une convivialité et une proximité rares qui renforcent encore le naturel et la beauté du film. Beaucoup de rouannais ont été mobilisés pour la figuration et les décors tandis qu’un match de foot a même été organisé entre l’équipe technique et le club de la ville ! Richard Bohringer était également très proches des habitants et aimait échanger avec ceux qu’il surnommait « ses compagnons du pays« .

Un grand succès

D’ailleurs Bohringer et Anémone sont magnifiques et obtiendront tous deux le César du meilleur acteur et de la meilleure actrice pour leur prestation respective. Il existe dans ce film une grandeur de sentiments qui le place directement dans la catégorie de ces oeuvres incontournables de notre cinéma. En salles, il réunira plus de 3,1 millions de spectateurs avec un long bouche à oreille impressionnant (son démarrage se situait à hauteur de 200 000 entrées). Il trouvera également une seconde vie à la télévision avec deux diffusions, en 1989 et 1992, qui font partie des plus grands succès jamais réalisés sur le petit écran : 13,58 millions et 13,47 millions de téléspectateurs. LE GRAND CHEMIN est finalement un accident heureux, un film qui ne devait jamais voir le jour, mais qui semble parfaitement à sa place.

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