critique de ELVIS

Neuf ans après GATSBY LE MAGNIFIQUE, le cinéaste Baz Luhrmann revient au cinéma pour un biopic tonitruant sur l’une des plus grandes stars de tous les temps : Elvis Presley.

On se doutait qu’il n’allait pas faire un film comme les autres. On se doutait que le bien nommé ELVIS serait un tourbillon de sons, d’images, de couleurs et d’énergie pure. Tout va vite, très vite. Sans round d’observation, le film démarre sur les chapeaux de roue et n’hésite pas à passer sa première heure à vitesse grand V, comme une volonté de résumer brièvement l’ascension fulgurante du chanteur. D’ailleurs, cette folie introductive a du sens : elle trace un parallèle avec la reconnaissance rapide d’Elvis. Si la peur de voir un tel enchaînement durant 2h40 est bien réelle, on peut honnêtement saluer la prise de risque à la fin du film. Non, ELVIS ne sera pas qu’une succession d’esbroufe visuelle. ELVIS aura aussi du coeur, du fond et un acteur phénoménal : Austin Butler.

Même si l’histoire est connue, elle est renforcée ici par des choix cinématographiques intelligents. Plutôt que de rendre le récit misérabiliste, Luhrmann s’efforce de garder la tête haute et de faire vivre Presley là où il était le plus heureux : sur scène. Mais cette bulle artistique est forcément percée par des personnes malhonnêtes qui cherchent uniquement à s’enrichir. Ainsi, sa relation père-fils avec le colonel Parker (savoureux Tom Hanks) est intelligemment menée. Cet homme fourbe et malin sent que ce

garçon peut complètement marquer l’Histoire et secouer son époque. À ce propos, Luhrmann n’élude pas la question raciale et parle de cette passerelle entre deux mondes que représente Elvis. Il est ce que les Noirs ne peuvent pas être dans cette société ségrégationniste alors que son style et ses orientations musicales témoignent directement de sa place dans cette Amérique qu’on ne regarde pas. Dans un amusant passage où l’excitation grimpe chez les femmes, il y a là aussi un sous-texte fort : une libération féminine qui a aussi le droit à la confrontation de ses sens. Fait amusant, on empêchait Elvis de se « déhancher » en pointant du doigt cette attitude provocatrice, mais on n’hésitait pas à montrer des femmes en tenues courtes à la télévision…

Riche et souvent brillant, ELVIS s’étire parfois et aurait mérité plus de retenue dans son expansion musicale. Mais dans le fond, c’est sur scène que cet homme se sentait vivre. Ce parti-pris n’est donc pas dénué de sens. Quant à Austin Butler, il est complètement habité par son rôle. Son charisme irradie l’écran, sa physicalité coupe le souffle. Certains esprits grincheux diront que sa ressemblance avec le King n’est pas forcément évidente, mais il a parfaitement capté l’essence même de cet artiste hors du commun dont l’empreinte sur la musique est éternelle.

AVIS GLOBAL : Boosté par une mise en scène à l’énergie dingue, ELVIS est un biopic flamboyant, porté par l’interprétation remarquable d’Austin Butler.

NOTE :

Note : 4 sur 5.

ELVIS est actuellement disponible dans les salles de cinéma.

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