La Guerre des Mondes, une invasion sombre et spectaculaire

Steven Spielberg a changé. Peut-être aussi parce que le monde a changé. Nous sommes en 2005 et LA GUERRE DES MONDES est le blockbuster le plus attendu de l’année. Toutefois, le cinéaste a prévenu : « Je n’ai pas tourné LA GUERRE DES MONDES pour un public familial. LA GUERRE DES MONDES est un film apocalyptique de l’après 11 septembre qui parle de la fin des temps.« .

Pour l’occasion, il remodèle le roman écrit par H.G Wells en 1898 ainsi que ses nombreuses adaptations à l’écran ou sur d’autres supports. Ces adaptations étaient souvent racontées du point de vue des scientifiques et des officiels qui s’efforçaient en vain de résister aux envahisseurs supérieurement intelligents venus de l’espace. Ce qu’il fallait maintenant, c’était une version de la bataille vue d’en bas, des échelons inférieurs de la hiérarchie sociale. À cet effet, Spielberg et ses scénaristes, David Koepp et Josh Friedman, imaginèrent un personnage parfaitement ordinaire appelé Ray Ferrier (Tom Cruise), un docker passablement inepte qui a la garde de ses enfants, Rachel (Dakota Fanning) et Robin (Justin Chatwin), le week-end où les extra-terrestre dont leur apparition. Ils doivent se montrer aptes à la survie.

« LA GUERRE DES MONDES parle essentiellement de notre réaction face au terrorisme », expliqua Spielberg lors de la promotion du film en 2005. « Que faire lorsque la société se transforme en une horde de gens fuyant pour sauver leur vie, peut-être aux dépens de celle des autres ? Comment aborder le terrorisme, ce problème qui nous reste relativement étranger, nous qui vivons dans un havre de confort et de sécurité, qui n’avons subi aucun conflit sur notre sol depuis la Guerre de Sécession ?« . Voilà un film

riche en péripéties, typiquement spielbergien, les événements terrifiants se succèdent sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Tout est parfaitement mis en scène et interprété notamment par un Tom Cruise intense qui passe par toutes les émotions. La richesse du scénario n’a d’égale qu’une mise en scène absolument magistrale. Le cinéaste propose peut-être le travail le plus incroyable de sa carrière en terme de direction artistique. En témoigne ce passage hallucinant de l’horrible herbe extraterrestre rouge qui envahit tout le paysage, étouffant la flore et la faune terrestres.

Noir et totalement désespéré, LA GUERRE DES MONDES s’achève sur une formidable note d’espoir dans laquelle la nature élimine d’elle-même la menace (à l’instar de cette épine plantée dans le doigt de Rachel). Couronné de succès au box-office, c’est probablement le blockbuster le plus formidable de ces dernières années, magnifié par une partition sublime et sombre de John Williams.

Laisser un commentaire