Le monde selon Garp, Robin Williams et le féminisme

Alors qu’il s’est fait connaître à la télévision, le nouveau venu Robin Williams vient de se faire remarquer au cinéma avec POPEYE réalisé par Robert Altman en 1980. Deux ans plus tard il joue dans LE MONDE SELON GARP dans lequel il interprète Garp, un homme qui voit la beauté du monde, alter ego d’un acteur qui deviendra un peu l’étendard de cette forme de naïveté triste qui résonne comme un attachement profond aux valeurs humaines.

C’est par amour que Garp entre en littérature à l’âge de 18 ans, en 1962. Ce jeune garçon, que sa mère féministe (Glenn Close) a volontairement élevé seule, vient de tomber amoureux d’une fille de son lycée. Le seul moyen de la séduire est de manier la plume, plus que l’épée. Bientôt Garp se retrouve père de famille à New York, toujours accompagné par sa mère. Chacun des deux souhaite faire publier ses écrits. Basé sur un roman écrit par John Irving, le film nous prend rapidement dans un tourbillon

d’émotions sensationnel, porté par le jeu des acteurs. On traverse ici l’Amériques des 70s, prise entre utopie et violence radicale, deux mondes qui s’entrechoquent dans la tête même du personnage principal. En parallèle, il y a une véritable mise en évidence du féminisme dans le film notamment à travers le personnage de la mère tout en questionnant justement le regard des femmes. À ce titre, le passage dans lequel la mère interroge une prostituée avec Garp est assez édifiant. Elle en tire ensuite un roman tout en insérant ses propres idées de féminisme, affichant au passage sa vie sans besoin d’homme à ses côtés.

Pourtant, et malgré ses thématiques lourdes de sens, jamais le long-métrage ne tombe dans le sentimentalisme. Il y a une légèreté dans la mise en scène inspirée de George Roy Hill qui parvient à rendre compte de l’essence même du bouquin tout en parvenant à imposer sa vision. Connu pour avoir réuni Robert Redford et Paul Newman dans les formidables BUTCH CASSIDY ET LE KID et L’ARNAQUE (pour lequel il remporta l’oscar du meilleur réalisateur), George Roy Hill était un excellent cinéaste qui n’est malheureusement pas resté dans la mémoire de nombreux cinéphiles. Son oeuvre est absolument à redécouvrir.

LE MONDE SELON GARP sort durant l’été 1982 et rentre largement dans ses frais. Après quelques films mineurs (comme CLUB PARADIS ou LA DERNIERE PASSE), il va enfin rencontrer le succès avec l’excellent GOOD MORNING VIETNAM en 1987.

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