Tchao Pantin, Coluche et la noirceur de la vie

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Adapté d’un roman écrit par Alain Page, TCHAO PANTIN se fait sous l’impulsion de Christian Spillmaecker. Ce dernier est emballé par l’histoire de Lambert, ancien flic dépressif devenu pompiste porté sur la boisson, résolu à retrouver les assassins d’un petit dealer qu’il identifie à son fils.

Il en parle au réalisateur Claude Berri qui semble peu enthousiaste à mettre en scène cette histoire. Néanmoins, une idée lui vient en tête : de confier ce rôle à Coluche. Ayant déjà collaboré avec lui sur LE MAITRE D’ECOLE et LE PISTONNÉ, il se dit que l’acteur pourrait réellement « incarner » ce personnage plus sombre. Mais l’acteur, dans un premier temps, refuse, arguant que ce rôle est trop noir pour lui.

Toutefois, Coluche, endetté, acceptera finalement la proposition, à contrecoeur. Sa situation personnelle est désastreuse, sa femme l’ayant quitté avec ses deux enfants tandis que son grand ami Patrick Dewaere se suicidait avec la carabine qu’il lui avait offerte. Régulièrement alcoolisé et sous drogue, son état va nourrir le personnage et renforcer l’aspect noir du film.

Claude Berri capte ici un Paris désespéré, loin de l’image carte postale qu’on aime lui attribuer. Dans un rythme lent et triste, TCHAO PANTIN avance en claudiquant comme son personnage principal qui a déjà un pied dans « l’autre monde ». L’interprétation grandiose, vraie et brute de Coluche apporte énormément. On

imagine à quel point le spectateur de l’époque a dû être déstabilisé de le voir dans ce genre de rôle. C’est une bascule phénoménale, un choc qui ne pouvait pas passer inaperçu.

Parce que Coluche n’est pas qu’un comédien. Il a marqué son époque, envoyé des sacrées piques aux politiciens, tentant régulièrement de changer les choses par le biais d’un humour acerbe. C’était un homme à part, ce genre d’artiste qui n’hésite pas à monter au front pour défendre ses valeurs (à l’instar de Daniel Balavoine). TCHAO PANTIN est un témoignage de ce qu’il y a de plus émouvant lorsqu’un acteur n’est autre que lui-même à l’écran. Lambert, c’est Coluche. Coluche, c’est Lambert. Une synergie prodigieuse qui continue de faire de ce film (traversé par une superbe bande-son, rappelons-le, composée par Charlélie Couture), un classique du cinéma français.

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