Le dernier métro, François Truffaut et l’Occupation

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Parler du film de François Truffaut, c’est d’abord parler d’un des grands films de l’Histoire française. Pour de nombreux cinéphiles, ce n’est pas forcément le meilleur long-métrage du cinéaste. Mais pour moi, ça l’est. Il traite son sujet avec une passion évidente et met en avant l’incommensurable talent de ses deux interprètes principaux.

LE DERNIER METRO est aussi synonyme de record. Il a remporté dix Césars lors de la cérémonie en 1981. Il restera l’unique recordman durant dix ans avant de se faire rejoindre par le CYRANO DE BERGERAC de Jean-Paul Rappeneau. Mais le film de Truffaut a un avantage, celui d’avoir obtenu les cinq Césars les plus « prestigieux » (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur acteur pour Depardieu et meilleure actrice pour Deneuve). Une véritable prouesse qui démontre l’importance de ce film dans l’Histoire du cinéma français.

Il faut dire que cette oeuvre est éminemment sensible et personnelle pour son auteur. Il désire montrer sa vision de Paris sous occupation, y regroupant toutes ces visions qu’il a réellement vécues. Mais il veut également parler de ses origines juives, celles qu’il a découvertes en 1968. Cette année là, le cinéaste demande à Albert Duchenne, le patron de l’agence Dubly, de retrouver son père biologique. Il va découvrir qu’il s’appelait Roland Lévy, un dentiste né à Bayonne en 1910, descendant d’une famille séfarade (membres des communautés juives historiques habitant ou issus de la péninsule ibérique). Une révélation qui va le marquer, donnant un nouveau sens à sa vie.

C’est au printemps 1979 qu’il se plonge dans le scénario en compagnie de sa coscénariste Suzanne Schiffman. Lorsque celui-ci se termine durant l’été, la production se met rapidement en route. Le projet est soumis à Catherine Deneuve qui accepte avec beaucoup de joie de retrouver François Truffaut, douze ans après LA SIRENE DU MISSISSIPPI (rappelons aussi qu’ils ont eu une relation amoureuse).

En revanche, c’est plus compliqué pour Gerard Depardieu qui est surtout déçu de ne pas pouvoir être dans le film de Claude Sautet, UN MAUVAIS FILS. Celui-ci a préféré engager Patrick Dewaere à sa place. Il ne fut pas emballé à l’idée de tourner avec Truffaut. Il

trouvait son oeuvre « bourgeoise » et ne se gêna pas pour lui dire en face lors de leur première rencontre. Après cette entame, leur relation va rapidement évoluer, l’acteur revoyant son jugement sur cet artiste qu’il définira, par la suite, comme « un homme de culture« . Il avouera également que leur collaboration lui a permis de voir le cinéma différemment.

LE DERNIER METRO sort le 17 septembre 1980 et plaît massivement au public. Il atteindra finalement les 3 384 045 tickets vendus avant de triompher aux Césars quelques mois plus tard. Aujourd’hui, il reste cet immense classique qui brosse le portrait d’hommes et de femmes se retrouvant au centre d’une occupation qui laisse peu de place à la liberté d’expression. Si ce n’est celle, peut-être, du sentiment amoureux.

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