Sleepy Hollow, le conte macabre de Tim Burton

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Nous sommes en 1999 et Tim Burton réalise là son dernier film au XXème siècle. Certains diront que c’est la fin du grand Burton et que plus jamais il ne retrouvera la force de ses débuts. Il faut dire que jusque là, sa carrière est monumentale : BEETLEJUICE, BATMAN, EDWARD AUX MAINS D’ARGENT, BATMAN LE DEFI, ED WOOD, MARS ATTACK et donc ce SLEEPY HOLLOW, peut-être l’un de ses plus beaux films.

En 1799, dans une bourgade de La Nouvelle-Angleterre, plusieurs cadavres sont successivement retrouvés décapités. Les têtes ont disparu. Terrifiés, les habitants sont persuadés que ces meurtres sont commis par un étrange et furieux cavalier, dont la rumeur prétend qu’il est lui-même sans tête. Les autorités new-yorkaises envoient alors leur plus fin limier pour éclaircir ce mystère. Ichabod Crane (Johnny Depp) ne croit ni aux légendes, ni aux vengeances post-mortem. Mais, à peine arrive, il succombe au charme étrange et vénéneux de la belle Katrina Van Tassel (Cristina Ricci).

Le projet de SLEEPY HOLLOW remonte à 1994 lorsque Kevin Yagher, un concepteur de maquillage, souhaite adapter la nouvelle écrite par Washington Irving intitulée LA LEGENDE DE SLEEPY HOLLOW. Laissé au placard pendant quatre ans, le projet sera ensuite proposé par la présidente de la Paramount, Sherry Lansing, à Tim Burton. Elle pense que ce serait le réalisateur idéal pour ce long-métrage. Le problème ? Il est en pleine déprime suite à l’avortement de son grand projet rêvé, SUPERMAN LIVES (avec Nicolas Cage dans le rôle principal). Il a bossé depuis un an sur ce film qu’il a tant désiré alors la chute est dure.

Néanmoins, l’idée de réaliser un film d’épouvante sous influence de la grande période de la Hammer lui plaît beaucoup. Burton retrouve son élan, se passionnant pour cette légende du cavalier sans tête qu’il trouve fascinante. Il est déjà temps de penser à un casting et la Paramount désire engager Mel Gibson dans le rôle principal. Le cinéaste refuse et a déjà le nom de son interprète en tête. Malgré tout, le studio est réticent et tente d’imposer Brad Pitt puis Daniel Day-Lewis. Burton résiste et Johnny Depp sera donc engagé. Ce

dernier s’empare du rôle avec un parti-pris assez fort, ne désirant pas montrer son personnage comme un dur à cuir de films d’action. Il offre à Ichabod Crane une sensibilité détonnante, apportant une personnalité très différente de ce qui était prévu.

SLEEPY HOLLOW est une oeuvre magnifique, traversée par une mise en scène à couper le souffle. Toute l’essence du cinéma de Tim Burton se condense ici en moins de deux heures. Il parvient à jongler avec les exigences du studio et sa propre vision pour aboutir à un film accessible, mais qui ne renie jamais son aspect « auteur ».

C’est ici la fermeture d’une première partie de carrière presque parfaite. La suite sera largement débattue et beaucoup de ses fans ont cette impression que le Burton qu’ils ont connu a disparu sous le poids d’un système devenu écrasant. Si on excepte la merveille BIG FISH, Tim Burton s’est penché sur des blockbusters à l’aspect plus commercial comme LA PLANETE DES SINGES, CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE et évidemment ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, peut-être le plus grand catalyseur des débats.

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