Small Soldiers, les jouets passent à l’attaque

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Nous sommes en 1992 et Steven Spielberg se trouve avec le scénario de SMALL SOLDIERS sous le bras. En l’état, il lui semble

impossible de mettre en scène le film avec la technologie de l’époque. L’année suivante, c’est lui-même qui passera un cap avec JURASSIC PARK et ses dinosaures numériques.

On fait ensuite un saut jusqu’en 1998, lors de la sortie du film. Un four terrible. Une conséquence à des visions artistiques diamétralement opposées. Joe Dante a en tête un long-métrage plus sombre et plus violent, mais le studio a vu ça d’un mauvais oeil. Le but était de vendre des jouets et de lancer une franchise que les gosses reviendront voir tout en achetant régulièrement les jouets.

À qui s’adresse SMALL SOLDIERS, au juste ? En le revoyant aujourd’hui (dans une belle édition concoctée par Esc), on se rend compte que le long-métrage souffre bien d’une dichotomie. D’un côté, on peut y voir le cynisme et la brutalité de la vision de Dante. De l’autre, le côté second degrés et plus jovial de Dreamworks.

Aucune partie ne domine, ce qui renforce le flou autour de ce projet pourtant rempli de bonnes idées. Les soldats tueurs restent un amusant procédé qui n’est malheureusement pas exploité à son maximum. Il y a également de bonnes séquences d’action, notamment un climax redoutable qui joue sur les différentes échelles de mise en scène.

Clairement, le cinéaste tente un grand écart entre spectacle tous publics et cynisme assumé. Un compromis qui ne parvient pas à exister et qui s’étire dans des passages souvent attendus ou maladroits. SMALL SOLDIERS ne provoque pas l’euphorie, mais est-ce dû à notre regard d’adulte ? Il fait partie de ces films qui ont cette difficulté à dépasser ce cap du temps. Il reste profondément ancré dans notre mémoire de jeune spectateur et s’attache à notre vision d’enfant. Des jouets qui se battent, c’est une pure accroche de l’imaginaire, un passage presque obligé dans la tête d’un enfant qui construit son monde. Ici, il n’y a plus à inventer puisque les jouets s’animent sans aucunes limites.

Pour tous les amoureux du cinéma fantastique, SMALL SOLDIERS reste ce blockbuster de la fin des 90s qui a su parler aux adolescents de l’époque. Malgré tout, il n’est pas parvenu à s’ancrer dans la culture populaire comme GREMLINS et L’AVENTURE INTERIEURE, deux des films les plus célèbres de Joe Dante. Sa sortie en salles fut un échec, mais sa sortie dans les vidéothèques lui aura permis de tenir la distance. Pour finalement devenir ce petit objet culte un peu bizarre, mais diablement attachant.

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