Le Grand Silence, le western enneigé de Corbucci revient au cinéma

Sorti en 1969, LE GRAND SILENCE est l’un des westerns les plus atypiques du cinéma. En optant pour des paysages enneigés, le réalisateur Sergio Corbucci renverse les codes et signe une oeuvre majeure.

Utah, 1898. Affamés par un hiver glacial, paysans et bûcherons descendent des forêts et pillent les villages. Les chasseurs de prime, menés par le cruel Tigrero (terrifiant Klaus Kinski), les massacrent

sans vergogne. Solitaire, Silence (Jean-Louis Trintignant, magnifique) arrive en ville, bientôt engagé par Pauline (Vonetta McGee) pour venger son mari assassiné. Après avoir plongé dans l’Ouest pour le culte DJANGO en 1966, Corbucci opte donc pour le silence et la neige qui prolongent aussi bien le handicap de son personnage principal que l’attitude des autorités devant l’horreur légale perpétrée par Tigrero et sa bande.

LE GRAND SILENCE reste, pour ma part, le film le plus maîtrisé de Corbucci. Un véritable sommet (et un choc) que ce western qui diffère grandement des autres à une époque où le genre regagne ses lettres de noblesses par le biais d’auteurs européens. Sombre et sans concessions, l’intrigue est morbide, à peine relevée par quelques traits d’humour assez brefs. Revoir cette oeuvre sur grand écran, c’est d’abord apprécier la beauté incontournable de la mise en scène inspirée de Corbucci. C’est voir ou revoir l’incroyable charisme sauvage de Kinski, un véritable ogre qui dévore tout sur son passage. C’est aussi s’envoûter des notes fabuleuses d’un Ennio Morricone au sommet de son art.

LE GRANDE SILENCE ressortira dans les salles ce mercredi 30 mars, distribué par LES ACACIAS.

La bande-annonce est disponible ci-dessous.

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