Rencontres du Troisième Type, Richard Dreyfuss en quête des extra-terrestres

Deux ans plus tôt, le jeune Steven Spielberg était embarqué dans une galère sans nom avec LES DENTS DE LA MER sur un tournage catastrophique. La suite appartient à l’Histoire : 470 millions de dollars amassés, ce qui ferait, aujourd’hui, 2,1 milliard de dollars de recettes ! Evidemment, le cinéaste a toutes les portes ouvertes pour son prochain film. Un film qui sera bien différent du précédent…

On y suit Roy (Richard Dreyfuss), un banlieusard ordinaire qui végète dans un job ordinaire. Il rêve d’une expérience transcendante qui le sortirait de la routine. Ce personnage assez enfantin va, par hasard, tomber sur un projet gouvernemental tenu au secret. C’est le début d’une aventure prodigieuse

emmenée par le thème musical sublime composé par John Williams. L’intrigue de RENCONTRES DU TROISIEME TYPE est des plus simples. Elle s’agrémente d’un humour sympathique autour de Roy qui a sans cesse de mystérieuses intuitions l’incitant à croire qu’il se trouve sur la piste de quelque chose de bien réel et d’important. Comment oublier la scène où il façonne une mini-réplique de la Tour du Diable avec de la purée de pommes de terre ?

Le film transpose les problèmes de communication à l’échelle cosmique. En 1974, lors de l’écriture du scénario, Spielberg exposait son point de vue. « Avec la Guerre Froide et l’absence de dialogue entre Russes et Américains, avec le scandale du Watergate et la prochaine destitution de Nixon, il existait un défaut abyssal de communication entre les gens et les peuples. Avec RENCONTRES DU TROISIEME TYPE, j’essaie pour la première fois de dire que si une communication est possible avec les extraterrestres, nous devrions alors parvenir à communiquer entre nous. C’est l’un de mes films les plus chargés d’espoir.« . À la différence des DENTS DE LA MER, le film fut assez facile à tourner malgré les nombreux morceaux de bravoure et des effets spéciaux exceptionnels pour l’époque. Le réalisateur fut également heureux de retrouver Richard Dreyfuss qu’il considérait comme « son alter ego créatif« . L’interprétation de l’acteur est des plus juste, entre comportement lunaire et regard émerveillé.

Ce qui est d’ailleurs intéressant d’analyser, c’est la fin où Roy monte à bord du vaisseau pour partir au loin. Spielby l’analyse : « J’ai écrit l’histoire alors que je n’avais pas encore atteint la trentaine. Maintenant, étant moi-même père, je ne crois pas que je laisserais le personnage interprété par Richard Dreyfuss monter à bord du vaisseau mère et larguer définitivement sa planète et sa famille pour s’abandonner à son obsession des extra-terrestres.« . Sorti en novembre 1977, RENCONTRES DU TROISIEME TYPE est un carton (288,095 millions de dollars de recettes mondiales, soit 1,221 milliard si on prend en compte l’inflation), mais ne finira premier au box-office annuel. Une autre galaxie lointaine s’est invité à la fête pour coiffer tout le monde au poteau…

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