Armageddon, l’astéroïde de Michael Bay

Avant ARMAGEDDON, Michael Bay c’est déjà un OVNI, celui qui vient bousculer les codes du cinéma d’action américain. On peut se moquer de son patriotisme excessif et de ses dérives qui le mènent vers le mauvais goût, mais Bay a un style unique. Visuellement, il a souvent été copié, mais jamais égalé. Vous savez directement que vous êtes devant l’un de ses films : les mouvements amples de la caméra, la palette colorimétrique souvent chaude, les plans iconiques de ses personnages, le contre-jour… Et puis il y a ces séquences d’action toujours délirantes et impressionnantes qui en mettent plein la vue.

On peut ne pas aimer ce cinéaste qui tire trop sur la corde (en n’hésitant jamais d’appuyer sur l’humour scato et grossier), mais c’est un artiste à part qui tranche avec la bienséance hollywoodienne. Revoir ARMAGEDDON aujourd’hui, c’est un plaisir simple, coupable, euphorisant. Non, on ne devient pas un astronaute en quelques jours, mais c’est justement parce que c’est si gros que ça passe ! Bay n’hésite jamais de plonger dans l’outrance et ça lui réussit. Après Nicolas Cage et Sean Connery dans ROCK, il impose ici LA star du cinéma d’action des 90s, Bruce Willis. Parce que dans le fond, c’est ça ARMAGEDDON : Bruce Willis qui vient sauver la Terre avec une bande d’écorchés tordants (Steve Buscemi, Will Patton, l’immense Michael Clarke Duncan). L’image est là, omniprésente et gargantuesque.

Il parvient, grâce à des intrigues basiques, à lier les personnages au public. En une poignée de plans, il instaure une relation conflictuelle entre un père, sa fille et son copain qui n’est autre qu’un travailleur sur la plateforme pétrolière du père. Et accessoirement un jeune homme qu’il a fait grandir. Willis, Liv Tyler et Ben Affleck s’affichent dans une simplicité qui tranche avec le jargon technique des premières minutes et des scènes de destructions massives (qui n’ont franchement pas si mal vieillies). C’est

constamment dans cette frontière que Bay réussit ses paris. Combien de films d’action nous ont perdus parce qu’on ne s’attachait pas à l’histoire et aux personnages ? Son cinéma aime les outsiders et les sublime. Même dans de grosses machines comme les TRANSFORMERS, il tisse ces fameux liens avec les spectateurs. Ok, c’est vrai, ça ne vole jamais bien haut, mais c’est cette simplicité qui fonctionne. Autant que son visuel qui, il faut le dire, reste assez impressionnant. Le film a pris un petit coup de vieux, mais beaucoup moins que INDEPENDENCE DAY par exemple. Son secret réside aussi dans la réalisation d’effets pratiques qui patissent forcément moins du temps qui passe.

Hormis les TRANSFORMERS, ARMAGEDDON est le plus gros succès mondial de Michael Bay au box-office avec 553,7 millions de dollars de recettes (ce qui ferait 1,132 milliard aujourd’hui). En France, c’est, de loin, son film numéro puisqu’il a réuni 4 618 327 spectateurs lors de sa sortie en 1998. Il partira ensuite sur un autre blockbuster, historique cette fois, avec le mastodonte PEARL HARBOR.

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