Théorème, le film trouble de Pasolini

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Pier Paolo Pasolini est un artiste à part, magnifique touche à tout, aussi critique qu’engagé. THEOREME est l’oeuvre d’un cinéaste, mais également d’un poète, essayiste et romancier. C’est aussi un film qui a déclenché un scandale à sa sortie en 1968.

Il dépeint ici la vie paisible d’une famille bourgeoise de Milan qui va être bouleversée par l’arrivée d’un mystérieux visiteur, un séduisant éphèbe de vingt-cinq ans (incarné par Terence Stamp), silencieux mais fort influent. À son contact, charnel et intellectuel, chacun va prendre conscience de la vanité de son existence. Le sujet en lui-même sentait déjà le soufre. Il fut taxé d’obscène par la fraction rétrograde de l’autorité religieuse, mais défendu par la fraction « progressiste » qui lui attribua même le prix de l’Office catholique international du cinéma ! Une dichotomie qui montre toute l’étendue du rapport de force entre les partisans de Pasolini et ses détracteurs.

Le prêtre canadien Marc Gervais, lui consacra même une éloge, mettant l’incontestable ferveur spirituelle de l’un de ses films les plus reconnus, L’EVANGILE SELON SAINT MATTHIEU en 1964, dédié au pape Jean XXIII. Dans tous les cas, l’oeuvre et l’homme ne laissent personne indifférent. THEOREME est un film troublant, porté par le magnétisme phénoménal du jeune Terence Stamp qui trouve là l’un de ses meilleurs rôles. En s’inscrivant dans une

époque où les moeurs sont en train d’être totalement bousculé, Pier Paolo Pasolini expose un film sincère où il s’interroge sur la condition humaine. Communiste et militant sans, toutefois, appartenir à un seul parti, il est habité par les figures de Marx, Freud et Jésus. Il a développé sa propre pensée par rapport à ces inspirations, en marge des courants gauchistes de l’époque. Pour lui, le Christianisme était une force de résistance face au capitalisme.

Entre mythologie et idélogies contemporaines, l’oeuvre globale de Pasolini semble indéchiffrable et reste pourtant d’une grande cohérence. THEOREME renvoie directement au bouquin écrit par Pasolini lui-même et qui crée, avec le film, un ensemble assez saisissant.

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