Arrête-moi si tu peux, Leonardo DiCaprio parmi les géants

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Alors que le tournage de GANGS OF NEW YORK réalisé par Martin Scorsese prend du retard, Leo alterne avec un autre monstre du cinéma : Steven Spielberg. 

Une histoire forte

Déjà engagé sur ARRETE-MOI SI TU PEUX avant les prises de vues de GANGS OF NEW YORK, DiCaprio y incarne Frank Abagnale, un célèbre escroc, dans un biopic adapté de l’autobiographie du vrai Abagnale. Le chemin tortueux qui amena les frasques du faussaire sur grand écran rappelait d’ailleurs celui du

film de Scorsese. Abagnale est devenu célèbre dans les années 60, ayant réussi à écouler l’équivalent de deux millions et demi de dollars, sous la forme de chèques falsifiés, à travers vingt-six pays sur une période de cinq ans. Achetée dans les années 80, l’autobiographie d’Abagnale restera plusieurs années dans les tiroirs de la Paramount Pictures avant d’en sortir en décembre 1997, date à laquelle Barry Kemp acquit les droits pour DreamWorks, qui venait de célébrer ses premières productions. Jeff Nathanson était chargé du scénario. Il avait eu jusque-là une carrière en dents de scie et comptait à son actif des films comme FOR BETTER OR WORSE et SPEED 2, qui, pour le coup, n’est pas vraiment une référence. 

David Fincher fut le premier réalisateur associé au projet, mais au début de l’année 2000, il se désista, lui préférant PANIC ROOM. Leo fut approché pour le rôle principal au mois de juillet 2000, alors que Gore Verbinski était aux commandes. Ce dernier avait réalisé le premier film familial de DREAMWORKS, le très sympathique LA SOURIS. Steven Spielberg devait le superviser en tant que producteur tandis que le tournage était prévu pour mars 2001. Aux côtés de DiCaprio, c’est James Gandolfini, Ed Harris et Chloé Sévigny qui complètent la distribution. Malheureusement, au moment précis où tout semblait sur les rails, Leo dut s’éloigner momentanément en raison du tournage tourmenté de GANGS OF NEW YORK. De son côté, Verbinski dut faire de même à cause du retard pris par le tournage. Le casting s’envola également. Spielberg ne renonce pas et propose le projet à Milos Forman avant de s’adresser à Cameron Crowe. Suite aux refus successifs, Spielby décide d’entreprendre lui-même la réalisation, ce qui implique qu’il doit abandonner ses autres projets (dont BIG FISH repris finalement par Tim Burton). Dès son arrivée, il choisit Tom Hanks pour incarner Hanratty, l’agent du FBI. Après Robert de Niro, Meryl Streep ou encore Daniel Day-Lewis, Leo s’apprête à collaborer avec un autre grand monstre sacré du cinéma. 

Au plus près de la vérité

Afin d’adapter l’intrigue à son idée, Spielberg modifia l’histoire de départ et changea quelques éléments de la vie d’Abagnale. Il amplifia notamment le rôle du père du jeune homme, interprété à l’écran par l’excellent Christopher Walken. « Toutes les arnaques sont véridiques, s’est justifié Spielberg. Mais la licence poétique se situe dans les détails. Par exemple, j’ai prolongé la présence du père dans l’histoire plus longtemps qu’il n’est resté dans la vie de Franck en réalité. Je voulais conserver ce lien, je souhaitais que Frank s’efforce de lui plaire, qu’il le rende fier de lui quand il l’apercevrait en uniforme. » Le véritable Abagnale approuva les décision du maître. Pour parfaire l’incarnation

de ce dernier, DiCaprio fut amené à le rencontrer. Il se reconnut alors incapable de rivaliser avec le flegme de l’imperturbable faussaire : « La vérité, c’est que je n’ai pas l’enthousiasme de Frank Abagnale. Je serais incapable, par exemple, d’entrer dans un aéroport qui fourmille d’agents du FBI, accompagné de dix hôtesses, en sachant que tout le monde a une photo de moi et est à ma poursuite. Mais ça, il l’a vraiment fait.« . Même si Spielberg eut quelques doutes sur Leo suite aux rumeurs qui circulaient sur sa vie personnelle, il n’hésita pas à faire preuve d’humour envers son acteur. « Il est allé à des fêtes, oui. Il est jeune, j’allais moi-même à des fêtes quand j’avais son âge. Seulement, je n’étais pas aussi beau et je ne pouvais pas avoir toutes les filles !« . En tout cas, Spielberg était certain que ARRETE-MOI SI TU PEUX constituerait un nouveau tremplin pour DiCaprio après le blocage dû à TITANIC: « Je pense qu’en réalité TITANIC a empêché Leo de travailler. Et je crois que c’est une renaissance pour lui. Il va se remettre au boulot à présent. Je crois que TITANIC a crée un fossé dans sa carrière, parce qu’il ne pouvait aller nulle part : il était trop au coeur de la rumeur, des insinuations.« 

Ravi d’avoir pu côtoyer Tom Hanks, Leo déclara : « On ne s’est donné la réplique que dans une poignée de scènes. Mais ces jours comptent parmi les plus fascinants pour moi.« . A sa sortie, le jour de noël 2002 aux USA, le long-métrage fit l’unanimité auprès de la critique et généra 30 millions de dollars de bénéfice dès le week-end de la sortie. Les critiques louèrent l’interprétation de Leo tout comme le film en lui-même, prodigieux d’inventivité. Pour Stephen Hunter, du WASHINGTON POST, Spielberg a réussi à tirer le meilleur parti de son acteur. « La révélation, c’est DiCaprio qui montre ici le répertoire, la facilité et l’ingéniosité que Martin Scorsese avait sous-exploités dans GANGS OF NEW-YORK. Le petit Leo y forme un gang à lui tout seul, et sa présence est impressionnante dans ce film, qui figure parmi les plus divertissants de l’année! ». ARRETE-MOI SI TU PEUX engrangea 351,1 millions de dollars de recettes et confirma le retour en force de Leonardo DiCaprio qui s’apprêta alors à faire briller une immense carrière. ​

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