Breezy, l’amour et la mélancolie vus par Eastwood

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En 1973, lorsque BREEZY sort dans les cinémas américains, c’est un four retentissant. Clint Eastwood est certes déjà célèbre, mais il ne joue pas dans le film et celui-ci ne ressemble pas aux longs-métrages nerveux auxquels les spectateurs étaient habitués. Une véritable prise de risque qui montre déjà les ambitions du réalisateur : aller où il veut quand il veut.

BREEZY narre donc les pérégrinations de Breezy (Kay Lenz), une jeune hippie qui erre sans attaches. Un jour, alors qu’elle fait du stop, elle échappe à un homme qui voulait abuser d’elle et finit par rencontrer Frank (William Holden), un riche agent immobilier quinquagénaire. Bien qu’intrigué par la jeune fille, il refuse de l’héberger. Il finit par accepter, quand elle est reconduite devant sa porte par des policiers auprès de qui elle a prétendu être sa nièce. Ils finissent par devenir amants.

Une histoire forte et touchante qui aborde un sujet assez délicat. Eastwood retrouve ici Jo Heims, le scénariste de son premier film UN FRISSON DANS LA NUIT. Il décide très tôt de ne pas incarner de rôle majeur, s’autorisant simplement un caméo. Aujourd’hui, quelques-uns de ses films ont fonctionné sans lui devant la caméra, mais à l’époque c’est un pari osé. UNIVERSAL PICTURES (studio qui le produisait à l’époque) a même réalisé une affiche où sa photo est intégrée dessus avec la légende « réalisé par Clint Eastwood » ! Rien n’y fera malheureusement. Toutefois, personne n’est perdant car, produit pour 1 million de dollars, il en rapporte 5 millions dans le monde.

Clairement, BREEZY annonce les thématiques de SUR LA ROUTE DE MADISON. Il est surtout l’un des films les plus intimistes et émouvants du cinéaste. Les deux personnages incarnent les valeurs sociales américaines, entre un homme en plein profit et une hippie qui rejette la société dans laquelle elle vit. Peut-être trop proche de ce que vivait les américains à cette époque, BREEZY se transforme avec le temps pour parler de sujets qui n’ont décidément jamais arrêter d’être évoqués. Eastwood impressionne dans le coeur même de son propos malgré une réalisation pas toujours très assurée et aujourd’hui un peu datée. Reste que c’est une belle curiosité et que vous pouvez même le visionner actuellement sur OCS.

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