Cry Freedom, le film qui révéla Denzel Washington

En 1987, Denzel Washington n’est pas vraiment un nom même s’il a joué dans quelques films d’illustres cinéastes (comme Norman Jewison pour A SOLDIER’S STORY ou Sydney Lumet pour LES COULISSES DU POUVOIR) et qu’il s’est fait une petite carrière à la Tv avec la série ST.ELSEWHERE. CRY FREEDOM va changer les choses.

L’après Gandhi

Après le phénomène GANDHI qui a reçu 8 oscars en 1983, Richard Attenborough poursuit dans la veine biopic-activiste avec CRY FREEDOM, centré sur l’activiste sud-africain Steve Biko. Tiré des écrits de Donald

Woods qui s’est plongé dans une vaste enquête durant près de 5 ans. Le scénario, écrit par John Briley (qui avait déjà rédigé le script de GHANDI) nous ramène donc en 1975 en Afrique du Sud. Rédacteur en chef de l’un des journaux d’opposition les plus lus du pays, Donald Woods (Kevin Kline) rencontre Steve Biko (Denzel Washington), un activiste qu’il soupçonne de prôner la haine des Noirs contre les Blancs. Immédiatement, entre les deux hommes, s’établit un rapport de confiance et de respect qui se transforme en profonde amitié. Après l’assassinat de Steve Biko par la police, Donald Woods reprend son combat, prêt à endurer toutes les épreuves pour que la vérité sur les crimes de l’Apartheid soit révélée au monde entier…

New generation

CRY FREEDOM se tient en grande partie dans le fait de choisir le bon acteur pour incarner Biko. Attenborough sera visionnaire. Il remarque que l’acteur incarnant le Dr Philipp Chandler dégage quelque chose. Il se renseigne et découvre donc Denzel Washington, la trentaine, désirant ardemment s’engager dans un projet qui a du sens. Le cinéaste ne s’attend sûrement pas à faire découvrir au monde l’un des plus grands acteurs Noirs du cinéma américain. À une époque où Eddie Murphy est venu revendiquer sa place dans un milieu encore difficile pour les acteurs de couleur, Washington va venir entériner l’essor de cette nouvelle génération décidée à s’imposer. Spike Lee arrive et toute une génération “street” va commencer à émerger. Il y a tout un pan de la société qui se met à bouger les choses. Dans une veine plus protestataire, Washington va briller par son intensité et sa remarquable capacité d’incarnation.

Un film protestataire

Le tournage du film ne fut pas de tout repos. La production avait pour idée de tourner en Afrique du Sud avec l’appui de certaines personnalités de poids au pays (comme Oliver Tambo, militant de la cause anti-apartheid et Winnie Mandela, l’épouse de Nelson). L’équipe est alors placée sous surveillance par la police sud-africaine et est suivie dans le moindre de ses mouvements. Mais elle sera finalement victime d’une drôle de machination dans laquelle la SABC (South African Broadcasting Corporation), une compagnie de radio et de télévision longtemps placée sous l’influence du Parti National et des partisans anti-apartheid. CRY FREEDOM sera finalement tourné au Zimbabwe, au Kenya et en Angleterre pour les prises sur plateau.

Le 11 avril 1988, Denzel Washington entre alors dans la cour des grands. Il fête sa première nomination aux Oscars dans la catégorie meilleur acteur pour un second rôle. Il se retrouve notamment aux côtés de Sean Connery (LES INCORRUPTIBLES), Albert Brooks (BROADCAST NEWS) et Morgan Freeman (LA RUE). Même s’il s’incline face au premier (Connery remportant ici le seul et unique Oscar de sa carrière), il le remportera deux ans plus tard dans la même catégorie pour l’excellent GLORY. A star is Born.

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