Luc Besson s’exprime sur les accusations de viol

Sa venue à la Mostra de Venise qui vient de démarrer a fait couler beaucoup d’encre. Beaucoup ont hurlé au scandale, lui qui fut accusé de viol en mai 2018 par la comédienne Sand Van Roy qui avait déposé plainte contre Luc Besson pour viol et agression sexuelle.

Une longue enquête

Pour la première fois depuis cinq ans, le cinéaste a décidé de s’exprimer sur le sujet alors que son nouveau film, DOGMAN, sortira le 27 septembre prochain. Pour rappel, le tribunal avait initialement jugé que “l’infraction énoncée n’avait pas pu être caractérisée”. Une deuxième plainte avec saisie fut ensuite émise, mais un non-lieu fut prononcé en faveur du réalisateur en 2021 pour “absence de tout élément matériel venant étayer les déclarations de la plaignante.”. En mai 2022, l’avocat de Sand Van Roy avait alors lancé un pourvoi en cassation, mais, un an plus tard, la Cour de cassation a définitivement écarté les accusations de viol.

S’adressant au média PARIS MATCH, Besson a déclaré. “”La sidération l’a d’abord emporté, parce que je n’ai pas commis le crime dont on m’accusait. On se retrouve très démuni, devant une telle situation car c’est parfois compliqué de prouver son innocence. L’enquête a duré cinq ans, il y a eu 31 auditions de témoins, des expertises toxico­logiques, psychiatriques, psychologiques et près de deux mille pages de dossier. Rien n’a été laissé au hasard. Et croyez-moi, vu la période actuelle, s’ils avaient eu le moindre doute sur ma culpabilité, j’aurais été mis en examen depuis longtemps.“. Reconnaissant envers la justice, il poursuit. ““Sur la foi de tous les éléments recueillis, une juge a décidé de ne pas me mettre en examen en 2019. Une autre juge a délivré une ordonnance de non-lieu en 2021. Une troisième juge a confirmé cette décision en appel en 2022 et enfin la plus haute juridiction française a rejeté le pourvoi en cassation en juin ­dernier. On peut parler d’acharnement, mais la justice a fait son travail et m’a déclaré par quatre fois non coupable. L’affaire est donc close.”.

La machine médiatique

Aujourd’hui, Besson veut renouer avec ce qui le passionne : le cinéma. Il n’a plus réalisé depuis ANNA et sa sortie remonte à 2019. Toutefois, il reconnaît avoir été atteint par tous ces problèmes et pointe du doigt la persécution qu’il a subie de la part des médias. “C’est un ogre qui dévore tout et doit être nourri en permanence, pour que ça brûle, que ça clique et que ça twitte. Peu importe la cause, du moment qu’elle est inflammable. Le tissu médiatique est une gigantesque flaque d’essence où n’importe qui peut jeter une allumette. Ça fait du spectacle et ça ­rapporte de l’argent, mais ça ne protège pas les victimes. Il faut absolument décorréler ce système de celui de la justice. J’entends ceux qui, par moments, doutent et perdent confiance en elle mais, à l’heure de Twitter et de ChatGPT, elle reste le meilleur refuge. Sinon comment allons-nous trouver la vérité au milieu du milliard d’informations invérifiables qu’on nous balance en permanence ? On ne gagnera pas ce combat sans recul, sans discernement, sans distinction. Les victimes comme les plaignantes qui ont été poussées dans la lumière médiatique ont fini cramées et dans l’oubli. La machine médiatique est un volcan qui n’a que faire de ses cendres.“.

Son film DOGMAN sera présenté ce jeudi à Venise. Retrouvez la bande-annonce ci-dessous.

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