Air America, l’histoire d’un film débridé avec Mel Gibson et Robert Downey Jr.

On l’a déjà vu précédemment avec ce cycle centré sur Mel Gibson : l’acteur était intouchable pendant plus d’une décennie. Celui qui a frappé fort avec MAD MAX en 1979 est depuis une incontournable vedette. Nous sommes en 1990 et Gibson sort tout juste de L’ARME FATALE 2, un méga-carton qui a confirmé que le premier film était plus qu’un phénomène éphémère. Il signe alors pour un drôle de film nommé AIR AMERICA, un film d’action qui joue la carte de l’humour sur un sujet pour le moins délicat.

Billy Covington (Robert Downey Jr.) était un pilote civil aux Etats-Unis avant de se faire engager par une compagnie aérienne privée, Air America. La société effectue en secret des trajets au compte de la CIA et il se retrouvent un jour missionné pour apporter du ravitaillement au Laos. Malheureusement pour lui, il se retrouve sur place impliqué dans un trafic d’héroïne, organisé par des soldats américains… Basé sur un livre éponyme (et non-fictionnel) écrit par le journaliste britannique Christopher Robbins en 1979, AIR AMERICA parle d’un sujet sérieux avec une désinvolture qui a de quoi surprendre. Air America était en réalité une compagnie aérienne américaine secrète, utilisée comme société écran pour les opérations de la CIA. Pour la production de ce film à 35 millions de dollars, l’équipe a pu compter sur la force aérienne royale thaïlandaise qui a mis à disposition une base aérienne et du matériel américain utilisé pendant la Guerre du Vietnam. En résulte des scènes aériennes impressionnantes, filmées en « dur ».

En parallèle, AIR AMERICA désire coûte que coûte être un film « cool » et s’appuie sur ses deux comédiens principaux pour enclencher la dynamique. Gibson et Downey Jr. se complètent bien et naviguent avec aisance entre action et comédie. Mais on pouvait clairement s’attendre à plus de profondeur avec un sujet aussi explosif. Pourtant, si le film réalisé par Roger Spottiswoode n’est jamais parfaitement équilibré, il faut reconnaître qu’il tient la baraque côté action. La Bande-Son est assez tonitruante et les décors sont grandioses. Tout ne fonctionne pas toujours, mais rien ne dérive véritablement. Voilà l’exemple même d’un film ni bon ni mauvais qui doit être regardé comme il fut fabriqué : en tant que série B de luxe.

Gibson n’enchaînera pas avec un nouveau succès puisque les recettes de AIR AMERICA n’atteindront que les 33 millions. Dans sa carrière, on peut dire que c’est un film de transition, lui qui se tourne vers la tragédie shakespearienne (il jouera dans HAMLET en 1990) tout en réfléchissant déjà à passer derrière la caméra (ce sera en 1993 avec L’HOMME SANS VISAGE).

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