Soleil levant, Wesley Snipes et Sean Connery mènent l’enquête

En 1993, Wesley Snipes a déjà bien entamé sa carrière et a enchaîné quelques rôles remarqués dans THE KING OF NEW-YORK d’Abel Ferrara, MO’BETTER BLUES et JUNGLE FEVER de Spike Lee ou encore NEW JACK CITY de Mario Van Peebles. Il est aussi reconnu pour ses capacités physiques et ses films d’action fonctionne bien.

Avant de connaître la consécration dans DEMOLITION MAN, Wesley Snipes fait équipe avec un grand nom du cinéma : Sean Connery. SOLEIL LEVANT est l’adaptation d’un roman éponyme écrit par Michael Crichton (l’auteur à qui on doit JURASSIC PARK). Nous sommes à Los Angeles. Dans les bureaux d’une société japonaise, une call-girl est retrouvée morte, après un acte sexuel suivi de violences. C’est le détective Web Smith (Snipes) qui est chargé de l’enquête mais avant d’arriver sur les lieux du crime, on lui ordonne de récupérer John Connor (Connery), un policier retraité, grand connaisseur du milieu nippon. Ce qui semble être un simple meurtre pour Smith est en réalité une affaire plus complexe aux yeux de son coéquipier, impliquant les membres de la société où s’est déroulé le drame…

Co-écrit par Crichton et le scénariste Michael Backles, SOLEIL LEVANT s’attire déjà les foudres des deux auteurs. En effet, ils décideront de quitter le projet suite au choix du studio de changer les origines du personnage principal. On voit que les débats sur la couleur de peau n’ont toujours pas changé ! Quoi qu’il en soit, Wesley Snipes incarne donc ce détective avec son imparable charisme tandis que Sean Connery se glisse facilement dans la peau du coéquipier. Quoi de plus normal quand on sait que Crichton avait l’acteur en tête lorsqu’il a écrit le roman ?

Philipp Kaufman, à qui l’on doit L’ETOFFE DES HEROS, se charge de la réalisation. Il exploite habilement le face-à-face de deux cultures à travers une investigation complexe et délicate qui se heurte au mutisme des Japonais engoncés dans leurs traditions. Le film réussit sur ce point ce que le livre simplifiait avec abondance, à tel point que ce dernier flirtait parfois avec la caricature. Esthétiquement, le cinéaste fait le job, soutenu par une bande-son envoûtante de Toru Takemitsu. Le script, quant à lui, a forcément vieilli et il existe forcément un décalage entre notre monde d’aujourd’hui et celui décrit il y a 30 ans. Qu’importe, il faut prendre SOLEIL LEVANT comme il est tout en appréciant le duo de vedettes qui rejoue la sempiternelle dualité entre l’élève et le sage. Classique, mais efficace.

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