Le coin des mal-aimés : Miami Vice

Dans cette nouvelle rubrique, je vais me pencher sur ces films qui sont considérés comme « mauvais » ou « ratés », en somme les mal-aimés du cinéma. Le box-office ne sera pas donc pas un critère car seule compte l’opinion populaire ici. À la fin, je pose une question simple : le mal-aimé est-il vraiment un raté ou peut-on le réhabiliter ?

MIAMI VICE réalisé par Michael Mann (2006)

Ça raconte quoi ? Miami… Deux agents fédéraux et la famille d’un informateur ont été sauvagement exécutés. Une nouvelle enquête commence pour Sonny Crockett et son coéquipier Ricardo Tubbs, avec une certitude : la fuite qui a permis ce massacre en règle provenait des sommets de la hiérarchie… Les deux inspecteurs découvrent rapidement que les tueurs étaient au service de la Fraternité Aryenne, organisation suprématiste liée à un réseau de trafiquants internationaux doté d’un système de protection ultra-sophistiqué.

Le contexte : Michael Mann adapte sa propre série culte dans un film qui se veut bien plus noir qu’il n’y paraît. Son désir est d’aller plus loin, d’approcher au plus près ses personnages tout en possédant un budget capable de mettre en scène de solides séquences d’action. Le film sera entièrement tourné en numérique (avec les caméras les plus puissantes du marché à cette époque) pour un résultat qui en étonnera plus d’un.

Pourquoi c’est un mal-aimé ? Difficile à promouvoir, MIAMI VICE est balancé en plein milieu de l’été 2006 dans les salles de cinéma. UNIVERSAL PICTURES le vend comme un bon gros blockbuster d’action, rangé dans la catégorie « plaisir estival », et accompagné par le hit musical NUMB / ENCORE. Mal « guidé », le public va vite désenchanter en voyant ce drôle de film presque avant-gardiste dans sa mise en scène. On est loin d’un actioner rempli d’humour et de décontraction, ce qui désarçonne complètement les spectateurs. Hâtivement considéré comme « le pire film de Michael Mann », MIAMI VICE sera un désastre au box-office, amassant 163 millions de dollars pour 135 millions de budget.

Vraiment raté ou réhabilité ? Complètement… réhabilité ! Dans MIAMI VICE, la réalisation de Mann est totalement folle, trouvant des angles de caméra souvent déstabilisants. Des contre-plongées décadrées, des ralentis étonnants, une caméra flottante presque emportée. Pourtant, à l’inverse d’un style tellement usé qu’il en devient usant (la caméra qui a la bougeotte façon JASON BOURNE), tout est très lisible ici, notamment cette fusillade finale à la brutalité inouïe. Le sens du cadre de Mann est sidérant, tout comme l’uppercut assené au spectateur dans son montage frénétique. Tout fonctionne, comme ce magnifique duo incarné par Jamie Foxx et Colin Farrell.

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