Le réalisateur John McTiernan pointe du doigt le cinéma d’action contemporain

Grand réalisateur de films d’action, John Mctiernan est celui qui a mis en scène des oeuvres cultes comme PREDATOR, DIE HARD et À LA POURSUITE D’OCTOBRE ROUGE. Son dernier film remonte à 2003 et il ne se reconnaît apparemment plus dans le système hollywoodien actuel.

Présent lors du BIFF, le festival du film fantastique de Bruxelles, le cinéaste fut interviewé par le média espagnol Espinof qui désirait revenir sur sa carrière. Il y a d’ailleurs quelques réactions intéressantes, notamment concernant le film LAST ACTION HERO pour lequel le réalisateur pointe du doigt certaines déviances du studio. Il déclare. « J’ai de bons souvenirs de ce tournage, mais je crois sincèrement que c’est le studio qui a tout détruit. Le plus gros problème a été la campagne marketing. Ils voulaient le vendre comme un basique film d’action, ce qui était parfaitement aberrant. Puis ils ont insisté pour le sortir la semaine suivant l’arrivée de JURASSIC PARK, ce qui fut le désastre ultime. ».

Le journaliste poursuit en ouvrant la discussion sur le cinéma d’action moderne. McTiernan regrette un manque d’inventivité et les prises de risques minimum des studios. « Il y a trop de gens inutiles qui font le même film encore et encore. Je ne pourrais pas faire ça. Tourner deux fois le même film ? Certains refont le même film des dizaines de fois. Aujourd’hui les studios ne cherchent plus de réalisateurs, ils veulent juste faire de l’argent. Ils se fichent du film qu’ils sont en train de faire. Les studios se moquent de savoir si leurs films parlent de créatures, de super-héros, de sorciers ou de mastodontes disparus, ce qui est clair, c’est qu’ils ne font pas de films pour les gens. » Il est vrai que la situation diffère totalement de son époque. Si les gros films étaient bien présents, il y avait de nombreuses prises de risques de la part des producteurs, certains n’hésitant pas propulser des inconnus par la seule force d’un script.

Si McTiernan fait ce constat amer, il n’est pas pour autant résigné. « Non, personne n’a tué le cinéma d’action. Il faut revenir à une forme de simplicité, de spontanéité. Je ne pense pas non plus que le streaming tuera les salles. Elles resteront bien présentes et pour longtemps.« .

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