Gran Torino, le style Eastwood à son meilleur

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En 2009, lorsque sort GRAN TORINO, cela faisait cinq ans que l’on n’avait plus vu Clint Eastwood devant l’écran. Une éternité qui allait se terminer avec le personnage de Walt Kowalski qui représente peut-être la somme de cet archétype que représente l’artiste dans l’imaginaire collectif.

Un Eastwood impressionnant

Walt Kowalski est un ancien de la guerre de Corée, un homme inflexible, amer et pétri de préjugés surannés. Après des années de travail à la chaîne, il vit replié sur lui-même, occupant ses journées à bricoler, traînasser et siroter des bières. Avant de mourir, sa femme exprima le voeu qu’il aille à confesse, mais Walt n’a rien à avouer, ni personne à qui parler. Hormis sa chienne Daisy, il ne fait confiance qu’à son M-1, toujours propre, toujours prêt à l’usage…
Ses anciens voisins ont déménagé ou sont morts depuis longtemps. Son quartier est aujourd’hui peuplé d’immigrants asiatiques qu’il méprise, et Walt ressasse ses haines, innombrables. Walt tue le temps comme il peut, en attendant le grand départ, jusqu’au jour où un ado du quartier tente de lui voler sa précieuse Ford Gran Torino… Walt tient comme à la prunelle de ses yeux à cette voiture fétiche, aussi belle que le jour où il la vit sortir de la chaîne.
Lorsque le jeune et timide Thao (Bee Vang) tente de la lui voler sous la pression d’un gang, Walt fait face à la bande, et devient malgré lui le héros du quartier.

Eastwood sort ici le grand jeu, citant pêle-mêle les pires immondices ou clichés, imposant son personnage avec un charisme écrasant. À l’annonce du projet, de nombreuses rumeurs ont émergé, notamment sur la nature même de GRAN TORINO. Beaucoup ont pensé que c’était un nouvel épisode de la saga L’INSPECTEUR HARRY dans lequel Harry Callahan reprenait du service pour traquer l’assassin de son petit-fils policier. Mais Clint Eastwood remit rapidement les choses en ordre et affirma qu’il était trop vieux pour être flic.

Un film doté d’un grand coeur

La nature émotionnelle du film représente l’un des sommets de sa carrière. Les ficelles sont peut-être grosses et le classicisme à son apogée, le cinéaste sort le grand jeu et met en avant toute son

humanité pour imprimer durablement la force de ses images. Les dialogues sont remarquables et les liens qui se tissent entre Walt et Tao sont remarquablement amenés. À chaque moment, GRAN TORINO est un miracle de cinéma. Eastwood enfonce toutes les portes, mais, à chaque fois, il s’en sort par sa sincérité, son amour des grands récits.

Il aura largement réussi son pari auprès des spectateurs. Acclamé par la presse et le public, il devient le plus gros succès de Clint au box-office en 2009. Avec 269,9 millions de dollars de recettes, il bat les 216,6 millions de MILLION DOLLAR BABY. Il sera battu six ans plus tard par AMERICAN SNIPER et ses 547,4 millions amassés. En France, en revanche, il est resté numéro 1 avec 3 411 031 entrées. Sans compter le succès en vidéo puis les cartons d’audience à la télévision qui ont réussi à conserver toute l’aura de ce grand film qui figure parmi les plus beaux de l’immense Clint Eastwood.

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