La dernière marche, Sean Penn et Susan Sarandon face à la peine capitale

Tim Robbins est un acteur fabuleux qui a également réalisé quelques longs-métrages dont le plus marquant restera LA DERNIERE MARCHE, un drame poignant porté par Sean Penn et Susan Sarandon.

La question de la peine de mort

Matthew Poncelet (incarné par Penn) est en prison depuis six ans, en attente d’exécution après avoir été reconnu coupable et condamné à mort pour avoir tué un couple d’adolescents. Poncelet, détenu au

pénitencier d’État de Louisiane , a commis les crimes avec un homme du nom de Carl Vitello, qui a lui été condamné à la réclusion à perpétuité . Alors que le jour de son exécution approche, Poncelet demande à sœur Helen (Sarandon), avec qui il a correspondu, de l’aider dans son appel final. Elle décide de lui rendre visite. Il est arrogant et raciste. Il affirme son innocence, insistant sur le fait que Vitello a tué les deux adolescents. Convaincant un avocat expérimenté de prendre en charge le cas de Poncelet à titre gracieux , sœur Hélène essaie de commuer sa peine en réclusion à perpétuité. Grâce à de nombreuses visites, elle établit une relation avec lui.

Adapté du livre éponyme écrit par la véritable soeur Helen Prejean, LA DERNIERE MARCHE fait partie de ces films qui vous secouent et vous font réfléchir sur la notion du point de vue. Ne serait-elle pas d’ailleurs vectrice de tout ce qui constitue le monde dans son entièreté ? Le mal ou le bien, le long-métrage de Robbins n’y répond pas car seules comptent les émotions humaines. Mis en scène avec une grande maîtrise et autant de subtilités, LA DERNIERE MARCHE questionne le droit de mourir en toute dignité. C’est sans aucun doute l’un des meilleurs films sur la peine de mort, ce sujet que le cinéma américain a énormément traité dans toute son histoire. Pour incarner deux personnages aussi édifiants, il fallait deux comédiens de haut vol qui puissent charrier assez d’émotions pour nous emporter avec eux.

Susan Sarandon au firmament

Sean Penn nous dévoile toutes les fêlures de Matthew Poncelet avec l’intensité qui le caractérise. C’est un homme fruste qui nous est présenté, désaxé par l’incompréhension du monde, rempli de haine et de violence. Pour lui, les Noirs ont pris la place qui lui revenait. Face à lui, Susan Sarandon est l’antithèse de ces valeurs. Son visage doux et rempli de convictions illumine littéralement l’écran. L’amour qu’elle prône n’a d’égale que son inébranlable foi en l’âme humaine. Malgré la pression de son entourage, elle tient à guider Matthew vers la paix au détriment de son propre ressenti. Comme une évidence, Sarandon (dont la carrière est trop peu mise en évidence selon moi) remportera l’Oscar de la meilleure actrice cette année là.

LA DERNIERE MARCHE sera un grand succès d’estime et financier pour Tim Robbins (avec des recettes s’élevant à 80 millions de dollars) tout en déclenchant la création de nombreuses associations concernant l’accompagnement des condamnés à mort.

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