Le règne du feu, Matthew McConaughey et Christian Bale face aux dragons

Un film comme on n’en fait plus au cinéma de nos jours. Ce genre de films dits du « milieu », coûtant 60 millions de dollars avec une ambiance noire et des dragons en guise de caution fantastique. Un film non rattaché à une licence avec de solides comédiens et un univers qui n’essaie pas d’être à tout prix grand public.

LE REGNE DU FEU est au final un long-métrage qui rencontre une reconnaissance tardive. Lors de sa sortie à l’été 2002, il récolte de nombreuses critiques négatives et amasse très peu de recettes (seulement 82 millions dans le monde). Pourtant, tout est là, palpable, à l’écran. Aujourd’hui, on est souvent en droit de se demander où sont passés les 200 millions de dollars tant l’imagerie semble terne et les effets spéciaux parfois pauvres. Si la technique effective sur LE REGNE DU FEU ne possède pas la puissance d’aujourd’hui, sa générosité saute aux yeux. Il y a du coeur dans ce film, des visions terrifiantes d’un monde en décomposition. Loin de la surenchère vendue par les pros de la destruction de ce début de siècle (comme Roland Emmerich et Michael Bay), on est ici dans une composition plus prégnante, une véritable volonté d’injecter du sens à l’action.

Je le répète, mais l’aspect presque unique de ce film le rend encore plus précieux. Pas de gags faciles, pas d’optimisme ou de nuances : le récit est noir, les images sont ténébreuses. Le visage sali et la mine

sombre, Christian Bale et Matthew McConaughey ne sont pas encore les stars que l’on connaît aujourd’hui. Pour le premier, si sa prestation dans AMERICAN PSYCHO a fait du bruit, il n’est pas encore un acteur bien identifié par le grand public. Quant au second, il se confond dans des films sans véritable consistance. Aujourd’hui, on revoit forcément le film de manière différente. L’intensité qu’ils dégagent est indéniable malgré l’écrasante prépondérance de l’univers mis en place. Si je veux chipoter, je dirai tout de même que McConaughey paraît plus dominant, mais Bale dégage ce charisme irréel qu’il possède encore et toujours.

Si le scénario n’est pas exempt de défauts, on se plonge volontiers dans ce monde enflammé et dominé par des dragons impressionnants. Inutile de dire que si le succès avait été au rendez-vous, une suite aurait certainement vu le jour…

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